[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

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Message par Invité le Sam 6 Jan 2018 - 0:17

[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint 1515190560-img-6913

Avant veille de la rentrée 1942, Manoir Flint, environ 10 heures du matin.

La jeune Myranda Flint, achevait son été, comme elle l'avait commencé : En lisant.  

L'ennui, avait été sa seule compagnie au cours de ces deux longs mois. Pour tuer le temps, elle avait littéralement pillé, la bibliothèque familiale du manoir de la famille Flint. Tandis qu'elle achevait le dernier chapitre d'un obscur manuel de magizoologie, auquel elle ne comprenait pas grand-chose, elle entendit sa mère l'appeler. Sans se presser, elle ferma son livre, réarrangea sa robe rapidement, puis sortit de sa grande chambre, dans laquelle s'accumulaient des dizaines de livres en pile.  

Elle se retrouva dans un étroit hall sombre dont le sol était marbré. Elle traversa lentement. Son cœur et son esprit, étaient paisibles. Elle aimait bien ce coin. Sombre et froid. Un refuge parfait, dans lequel elle aimait se loger pendant les chauds après-midis estivaux.  

Elle finit par entrer dans une grande pièce, éclairée par le soleil, dans laquelle étaient disposés multitude de meubles artisanaux. En son centre, une longue table en verre, autour de laquelle était disposée une vingtaine de grandes chaises toutes vides, à l'exception d'une : La plus grande. Le siège était occupé par la grand-mère de Myranda, Agatha Flint. C'était une femme âgée, à l'air sévère et inquisiteur, qui était superbement habillée d'une longue robe en soie noire et d'un grand chapeau de sorcière en velours.

A sa droite, se tenait un grand homme bien portant, et jovial . C'était son fils, le père de Myranda Flint. Plus loin, une femme d'une quarantaine d'année, pâle et aux grands yeux bleus, se tenait droite sur un vieux fauteuil en cuir couinant. Myranda accorda un bref regard à chacun des occupants de ce grand salon, puis se tourna vers la femme sur le fauteuil.

"Vous m'avez faite quérir, mère ?" Questionna la jeune fille, d'un ton solennel.

La femme opina silencieusement, puis ouvrit lentement la bouche pour prendre la parole, mais elle fut coupée dans son élan.  

" C'est moi qui vous ais faite demander, ma petite. Veuillez approcher." Ordonna lentement et calmement Agatha.

Myranda opina à son tour, puis s'approcha de quelques pas. Elle fit ensuite une brève révérence à sa grand-mère.

"Bonjour Grand-mère, c'est un honneur de vous avoir parmi nous."

La vieille femme fut insensible à ces salutations. Elle croisa les mains, et vint reposer son menton dessus, en dévisageant sa petite-fille. Un silence glacial, s'installa dans la pièce, et les parents de Myranda commencèrent à se tortiller nerveusement. La jeune fille, demeura impassible, et se contenta de soutenir le regard de la matriarche de la famille. Soudain, la mine sévère de la grand-mère, se tordit en une étrange expression. Son souffle s'accéléra, puis, à la surprise générale, elle éclata de rire. Myranda, se mit à rire à son tour, sous le regard éberlué de ses parents.  

"Poussez vous donc, fils. Laissez moi, saluer ma petite-fille, avec toute l'affection qu'elle mérite."  

Le grand bonhomme, dépassé par la situation, se contenta de se déporter machinalement de quelques mètres sur le côté. Aussitôt fait, Myranda accourut vers sa grand-mère, et plongea dans ses bras ouverts. Cette dernière l'ébouriffa tendrement, puis la fit reculer lentement.  

"Tu ne t'es pas trop ennuyée cet été, ma fille ?" Demanda la vieille femme à sa petite-fille.

"J'ai fait ce que j'ai pu." Répondit Myranda, d'une voix légèrement ronchonne.  

Agatha soupira. Depuis que sa petite-fille était née, la matriarche, n'avais jamais raté une occasion de venir lui rendre visite, et de lui enseigner tout ce qu'elle pouvait sur le monde qui l'entourait. Cependant, la guerre et tous les évènements qui y étaient liés, avait rendu ses visites beaucoup plus marginales. Elle aimait Myranda, comme si elle était sa propre fille. Cependant, elle n'oubliait pas que l'enfant demeurait, pour l'instant, la seule héritière de la famille Flynt. Elle s'était évertuée à lui apprendre tout ce qu'impliquait son statut de sorcière au sang-pur. Elle lui avait enseigné tous les usages, liés à son statut. Elle avait fait prévaloir la supériorité de son sang, sur les sang-mêlés, et les nés-moldus. Cependant, à Poudlard, elle n'aurait plus de prise sur elle. Elle devait s'assurer, que sa descendante, était prête à voler de ses propres ailes, tout en faisant prévaloir les valeurs qu'elle lui avait éduquées.  

"Je suis navrée de n'avoir pu passer cet été. Ton père s'est-il chargé de ton enseignement ?"  

L'homme en question s'avança maladroitement vers les deux jeunes femmes, il soupira, puis lorgna sa mère et sa fille.

"C'est..." Dit-il avec hésitation.

"Je t'écoute." Questionna la grand-mère, en reprenant son ton sec et sévère.

"Ce sont ses dernières vacances d'été avant le début de sa scolarité... Je n'ai pas voulu les gâcher avec ce genre de choses..." Reprit le père, presque en s'excusant.  

"Elle est bien bonne celle-là!" S'écria Agatha, en levant les yeux au ciel. "Heureusement que ta fille a plus d'ambition, et de débrouillardise que tu n'en as jamais eu!". Termina-t-elle, amère.

Le grand homme, sans sourciller, se contenta d'un bref hochement d'épaule, puis il s'approcha de sa fille.

"Elle a également plus de roublardise. La plupart des bouquins de cette bibliothèque étaient sous-clé." Dit-il en tirant tendrement sur la joue de sa fille, puis en lui ébouriffant les cheveux. Myranda sourit à son père.  

"J'ai une surprise pour toi, ma chérie." Reprit Agatha. "Venez aussi, fils." Les trois se levèrent, et quittèrent le salon, ils furent rapidement suivis par la mère de Myranda."  

Ils quittèrent hâtivement la maison, et se retrouvèrent à l'extérieur. Le manoir était entouré d'un vaste terrain entouré d'herbes et d'arbres secs, traversés par un discret sentier pavé. Au pied de ce sentier attendait un elfe de maison au nez anormalement long et protubérant, et dont l'une des oreilles était trouée. Ce dernier se prosterna à l'arrivée d'Agatha.

"Charogne a fait ce que Maîtresse Flint a demandé. Charogne a déjà terminé de ranger les manuels de la jeune Maîtresse dans sa chambre, et a fait brûler les autres." Dit-il de sa voix grave et enrouée.

"Vous avez fait quoi?" Coupa brusquement le père de Myranda.

"J'ai vu les manuels que tu avais achetés à ta pauvre fille. Et la robe aussi ! Des livres même pas reliés, certains mêmes d'occasion ! Et cette robe par Merlin! Voulez-vous que votre fille ait l'air d'une sang-de-bourbe?!" Cracha Agatha, avec colère en se tournant vers son fils.  

"C...C'est la guerre! J'ai eu un mal fou à me procurer tout ceci!" Proclama-t-il, indigné.

"Bien. Par ailleurs, moi je n'ai eu aucun mal à me procurer ce qui sied à une jeune sorcière au sang-pur." Répondit calmement Agataha. "Vous pouvez disposer Charogne."

La petite créature fit une grande révérence, puis transplana.  

Ils rentrèrent. Myranda mourrait d'envie de remonter dans sa chambre pour admirer ses manuels tout neufs, mais elle fut de nouveau interpellée par sa grand-mère.

"Quelques questions, avant que tu ne t'éclipses, s'il-te-plaît ma fille."

Myranda opina sagement.

"Partez-vous!" Ordonna Agatha aux parents de la jeune fille, qui s'exécutèrent sans sourciller.  

Les deux femmes se retrouvèrent seules.

"Connais-tu le nom de toutes les familles de sang-pur?"

" Oui grand-mère!" Répondit la jeune fille pâle. "Il y a la famille Abbot, la famille Avery..."

Sa grand-mère l'interrompit d'un signe de main.

"L'important c'est que toi tu les connaisses." La vieille femme lança un bref sourire, puis reprit la parole. " Quelle est ta mission à Poudlard?"

" Me faire remarquer auprès des enfants des autres familles de sang-pur, et faire prospérer mon nom de famille au sein de la communauté!" Récita machinalement la jeune fille.

"Auprès de la communauté qui importe, ma fille." Corrigea Agatha. "L'avis des nés-moldus et de ceux qui les fréquentent tu t'en moques bien, compris?" Myranda approuva d'un bref signe de tête. " Par quels moyens comptes-tu atteindre tes objectifs?"  

"Par tous les moyens nécessaires, grand-mère." Dit la jeune fille, l'œil déterminé!

"C'est bien!" La vieille femme administra une petite tape dans l'épaule de sa petite-fille, puis se dirigea vers la sortie.

"Cet après-midi, tu pars acheter le reste de tes fournitures avec moi. Il te faut une nouvelle robe! J'enverrai Charogne." Puis elle transplana.
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[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint Empty Re: [Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

Message par Invité le Mer 24 Jan 2018 - 23:33

Début des vacances de noël 1942 :

Son père, s'était levé avant l'aube pour être l'un des premiers à arriver à la gare. Il avait pris sa journée, aujourd'hui. Tout tournait au ralenti avec cette fichue guerre. Cependant, il était déjà conscient de la montagne de travail en retard qu'allait lui coûter cette demi-journée.

L’œil anxieux, et le cœur lourd, il s'exerçait, seul, à une activité pour laquelle il n'avait jamais reçu la moindre formation : Témoigner de l'affection.
Le père Flint, n'avait jamais su s'y prendre avec sa fille. En général, il se contentait de quelques mièvres et ininspirés élans partenalistes, pathétiquement mimés sur ce qu'il pouvait voir ça-et-là.
Malgré cela, ces trois mois de séparation sans, presque, aucune nouvelle, l'avait menés à un constat : Elle lui manquait. Toute sa vie, il avait craint que ce maudit rang de "sacrée", ne consume totalement l'esprit de sa faille. Il avait peur, que sa personne ne se résume qu'à un hideux amalgame de normes pompeuses, de chuchotements hypocrites, de révérences imposées, d'intolérances exacerbées et d'arrogances assumées.
Cependant, il en était convaincu, dans un coin de l'âme tant accablée de Myranda Flint, survivait une parcelle d'enfance, de simplicité, et de joie...
Quand il l’aperçut descendre du train, il ne parvint pas à réagir. Il demeura, bêtement, immobile, jusqu'à ce qu'elle arrive à sa hauteur.
_ "Père."
Dit-elle, de sa petite voix fatiguée.
_" Myranda."
Il n'y arrivait pas. Elle ne semblait pas s'attendre à quoique ce soit de toutes façons.
_" Le voyage a été éreintant. J'aimerais rentrer au plus vite."
Auguste Flint, se contenta d'opiner, et ils rentrèrent, dans le silence.



Elle était rentrée à la maison pour les vacances. La maison... En quelques mois, elle l'avait pratiquement oubliée. Elle n'avait pas oublié l'architecture, son emplacement, ou son paysage, non. Ce que Myranda avait oublié, c'était les mœurs qui y régnaient. Tout ce silence, tous ces codes, toutes ces manières, toutes ces politesses, et ce sentiment de supériorité...
Le tout lui avait manqué, mais d'un autre côté, cela lui avait fait du bien de s'en éloigner quelques temps. Cependant, elle savait bien que sous peu, tout redeviendra comme avant. Elle s' habilla, puis se chaussa après avoir quitté son lit. Sa grande chambre, avait été impeccablement rangée. Tous ses livres ont été, soigneusement, époussetés, ses étagères rangées, et le sol froid en marbre, reflétait impeccablement les premières lueurs du jour. Elle avait été réveillée, par quelques marmonnements, en provenance du couloir menant à sa chambre. Elle tourna discrètement la poignée de la porte de sa chambre, et jeta un coup d’œil.

Elle identifia rapidement la source de ce "vacarme" matinal. L'hideux elfe de maison de sa grand mère était là. Il accablait de murmures menaçants, une autre elfe, que Myranda ne connaissait pas. La petite créature, semblait terrorisée. La jeune Flint, ne prit pas le temps de réfléchir. Ce n'était certainement à un autre elfe, de terroriser ses serviteurs. Elle approcha lentement, et furtivement, dans l'espoir de récolter un morceau de la conversation qui était en train de se tenir, avant d'être repérée.

_"Il y avait beaucoup d'Elfe chez les Flint, avec Charogne. Mais Charogne, avait de l'ambition. La Maîtresse l'avait vu. Elle le savait. Tous les autres elfes, ont eu de malheureux accidents. Et la Maîtresse observait en silence. Il n'y a qu'un elfe pour la famille Flint. Il n'en sera jamais autrement. Qu'un elfe pour les Flint! Charogne s'en charge! La maîtresse approuve! Qu'un elfe pour les Flint! "

Il avait drôlement amplifié le volume de sa voix à la fin de son hideux monologue. La pauvre petite elfe de maison, s'était courbée, le regard traumatisé, tandis que Charogne continuait d'avancer vers elle. L’œil mauvais, et le pas serein, la jeune Flint, fit marche en direction des deux créatures. Quand elle arriva à leur hauteur, seule la femelle l'avait repérée. L'hideux serviteur de sa grand-mère, était si passionné par son discours, qu'il ne l'avait pas entendue approcher. Cependant, lorsqu'il reçut un coup de pied en plein estomac, il fut forcé de changer de sujet d'attention. Il se tordit en deux, suffoquant, et cherchant hargneusement du regard l'auteur d'un tel acte. Cependant, toute trace d'animosité disparue soudainement de son visage, quand il tomba sur le visage renfrogné de Myranda.

_"P...Petite Maîtresse..."

Dit-il d'une petite voix, qui avait soudainement perdu toute trace d'agressivité.

_" Tu m'as réveillée, imbécile. File. "
L'imbécile, fit une brève révérence, puis déguerpit immédiatement. Elle se tourna ensuite vers la femelle.

_ "Qui es-tu toi?"

Questionna-t-elle, froidement. L'elfe, encore éberluée, retrouva vite ses esprits. Elle fit une grande révérence à la jeune fille, puis répondit.

_ "Je suis Vyvy...Petite Maîtresse. Vos parents m'ont...acquise pendant que vous étudiez. C'est un immense honneur pour moi de vous rencontrer."
Elle cherchait ses mots. Elle semblait affreusement anxieuse. Cette attitude ennuya Myranda, qui se contenta d'opiner sévèrement.

_"Retourne travailler."

_"O..Oui petite Maîtresse!"

Elle s'exécuta immédiatement. Une fois que l'elfe eut disparue, la jeune fille, prit la décision de descendre saluer les autres occupants du manoir. Elle entra, tout d'abord dans sa salle de bain, pour se passer un peu d'eau au visage, et se coiffer. C'était une vaste pièce, froide et sombre, dans laquelle, même le plus petit des bruits, produisait un angoissant écho. Elle ouvrit, son robinet, se passa un peu d'eau, puis s'observa un instant. Elle semblait reposée. Son teint, était un peu moins blafard qu'auparavant. Même sa chevelure, semblait avoir profité du soleil du domaine de Poudlard, et était d'un brun légèrement plus doux. Elle poussa un long soupir, puis commença à se coiffer.

Impeccable. Elle sortit de sa salle de bain, et entreprit de se rendre au rez-de-chaussé. Une douce odeur, émanait de la cuisine. Une fois encore, elle fut sortie de ses réflexions par quelques murmures. Cependant, cette fois-ci, ils provenaient de voix bien plus familière.

Sur un gros fauteuil usé, reposait son père. Il lisait paisiblement la gazette du sorcier. Autour de lui, tournoyait lentement, une grande femme âgée. Ses cheveux, noirs, commençaient à blanchir, ils étaient coiffés en un chignon bas. Son visage blême, était marqué d'une sévérité, et d'une autorité qui s'imposaient aux yeux de quiconque le scruterait.

_" Vous prenez de drôles de liberté, fils. D'abord vous prenez une matinée, pour partir chercher Myranda, et voilà que je vous retrouve à flâner chez vous. Que souhaitez-vous? Que nous finissions aussi pauvres qu'un Gaunt, ou un Weasley? "

Le père de Myranda, ne daigna même pas ôter les yeux de son journal. Il se contenta d'un bref gloussement, amusé.

_" Les affaires vont bien, mère. Elles vont même extrêmement bien, si l'on prend en considération le contexte actuel. Mais je suis habitué à vos remontrances matinales, je vous en prie, continuez. Vous êtes toujours plus douée dans ce domaine, que dans celui des compliments. Pourtant, que vous le vouliez ou non, votre fils s'en sort remarquablement bien."
La vieille femme, ne laissa, à son tour, rien transparaitre.
_" S'en sortir remarquablement bien... Finir à Pouffssoufle, obtenir des notes plus que médiocres à vos examens, épouser une vulgaire Parkinson alors que les familles Black, Malfoy et Lestrange vous étaient accessible..."
Cette fois-ci, Auguste Flint, plia son journal. Il fixa sa mère avant de grands yeux, puis se mit à rire.

_" Par Merlin, vous souvenez-vous à quoi elles ressemblaient? Elles étaient toutes plus hideuses les unes que les autres! J'ai pensé à long terme, figurez-vous! Myranda aurait été une enfant singulièrement hideuse si j'avais épousé l'une d'entre elles!"

La vieille femme ignora les plaisanteries de son fils.

_" Et que dire de vos récents exploits? Un sacré sur le front! Vous êtes parti mourir pour des moldus, et entouré par la plèbe en plus! "

_" Je pensais que vous vouliez que je consacre plus de temps à mon image auprès du ministère! Voila qui est fait! "
Agatha Flint, poussa un soupir désespéré.

_" Pas comme cela, imbécile! Heureusement que vous êtes revenu vivant. J'ai eu à nettoyer notre image, pendant tout l'été. Vous étiez considéré, au mieux comme un idiot, au pire comme un homme indigne de votre rang. Par votre faute, je n'ai pas pu voir ma petite fille avant qu'elle n'entre à Poudlard. "

Le père de famille soupira, avant de relever son journal.

_" Vous n'êtes jamais contente de toutes façons. Quoiqu'il en soit, s'il y a bien eu chose sur laquelle nous serons d'accord, c'est que le ministère n'est plus ce qu'il était. Même pour nous...
Quant à votre petite-fille, vous semblez l'avoir suffisamment formée. Ses notes sont très bonnes, elle a été envoyée à Serpentard, et elle est vice-présidente d'un club de potions. "
La vieille femme opina discrètement à la remarque de son fils sur le
ministère. Elle bomba ensuite le torse, fière.

_ "Evidemment. Il faudra par ailleurs remercier les Rosier, pour la gentillesse dont a fait preuve leur héritière. Les lettres que nous a envoyées Myranda, sont effrayantes. L'école est infestée par les sang-de-bourbe. La pauvre petite, a dû se sentir bien seule. "

Un sourire narquois se dessina sur le visage d'Auguste Flint.

_" Vous n'avez qu'à lui demander, elle nous écoute depuis tout à l'heure. "
La vieille femme sursauta, puis se retourna brusquement.
_" Myranda..." Dit-elle avec douceur. "Tu es là depuis longtemps? "
Cette dernière hocha mollement les épaules.
_" Pas vraiment."
La vieille femme fronça les sourcils, puis se tourna vers le père Flint.
_" Sortez maintenant, nous avons à discuter."
L'homme en question, soupira longuement, plia son journal, et marcha vers sa fille. Il lui ébouriffa les cheveux. La petite Flint, grimaça, toute sa coiffure était à refaire. Cependant, elle ne pouvait ignorer ces, trop rares, signes d'affection. Elle lança un grand soupire à son père, tandis qu'il quittait le salon.

Un lourd silence s'installa, tandis que les deux femmes se toisèrent, l'une et l'autre. Myranda était secouée par ce qu'elle venait d'entendre. La matriarche Flint, l'avait bien compris.

_" Tu te poses beaucoup de questions, sur tout un tas de choses, n'est-ce-pas, Myranda? "

Finit par dire Agatha Flint, en s'approchant lentement de sa petite-fille.

_" Une Flint, trouve les réponses par elle-même."

Répondit la jeune fille, avec une certaine froideur.

_" Ce n'est pas le moment pour les sermons, ma fille. Si l'école est dans l'état dans lequel tu me l'as décrite, qui sait quelle influence elle a bien pu avoir sur toi... "

La jeune fille demeura, singulièrement, estomaquée par la réponse d'Agatha.

_" Vous m'avez formée, grand-mère! Depuis quand ne me faites vous plus confiance! Je vous ai écris, je vous ai raconté tout ce qui pouvait importer à vos yeux!"

La matriarche, soupira, puis leva les yeux au ciel.

_" Dois-je toujours tout te répéter? Tu es à Poudlard à présent. Ton image est importante. Tous les yeux sont rivés sur toi. J'ose espérer, que tu as soigneusement veillé à vérifier le sang, de chacune de tes fréquentations? "

La jeune Flint, s'immobilisa. Non ce n'était pas le cas. Cependant, cette attitude, lui fermait chaque fois tellement de portes... Cette attitude la forçait à renoncer à tant de bonnes fréquentations... Elle ne sut que répondre.

_ " Je m'en doutais..." Reprit la grand-mère, aigre. " Tu y veilleras, ou je me chargerai de le faire pour toi, d'accord, Myranda?" Malgré la brutalité du discours employé, il y avait une certaine douceur dans sa voix. " Cette histoire de club de potions, est un bon début. Cependant, il est évident, que tu ne dois, certainement pas, te contenter de cela. "

Myranda se contenta d'opiner.

_" Et les cours. Comment vont-ils, quels sont tes favoris? " Reprit la vieille femme.

_" J'aime beaucoup les cours de métamorphose, de potions, d'histoire, et de défenses contre les forces du mal."

Agatha Flint, fit plusieurs signes de têtes approbateurs, avant de brusquement s'interrompre en entendant parler de défense contre les forces du mal.

_" Cette matière est inutile, jeune fille. Une sacrée, n'a pas besoin de se battre. Laisse donc les autres le faire à ta place. "

La jeune Flint, fronça les sourcils.

_" C'est toujours utile quand on a envie de se défouler."

La matriarche claqua sa langue, puis tapa dans ses mains.

_" Vyvy! Au pied!"

Après seulement quelques secondes, la petite elfe de maison émergea.

_" Tu veux te défouler?" Questionna Agatha. "Regarde donc."

La vieille femme sortit sa baguette, puis la pointa en direction de la créature terrifiée. Elle lui lança un Everte Statum d'une force considérable, qui fit valser Vyvy sur une dizaine de mètres. Elle resta au sol un long instant, puis se releva avec difficultés, et détala hors de la pièce.

Une fois sa "démonstration" achevée, elle se tourna vers Myranda en lui lançant un regard amusé.

_"D'autres questions?"

_" Une dernière, grand mère."

_"Je t'écoute."

_"J'ai entendu père parler du ministère... Je ne comprends pas vraiment l'avis que nous devons avoir à propos de lui."

La vieille femme poussa un long soupir. Son imbécile de fils, venait de ramener sur la table un sujet qu'elle détestait aventurer en présence de sa petite fille.

_" Tu vois? C'est pour cela que chez les Flint, les hommes s'occupent de l'entreprise, et les femmes de la famille et de la politique. Ils n'y comprennent rien, et font n'importe quoi." Elle fit une pause. "Pour faire simple, ma fille, tu dois considérer le ministère. Il y a beaucoup des notre dans son enceinte. Cependant, ne soit pas trop prosélyte. Nous sommes en guerre, et la guerre fait faire aux Hommes des choses terrifiantes, même chez les sacrés. Il vaut mieux que tu t'éloignes de toutes les questions le concernant pour l'instant, d'accord? "

La fillette se contenta d'opiner sagement. Cette réponse la satisfaisait.

Heureuse d'en avoir fini avec ce sujet, elle claqua une nouvelle fois dans ses mains.

_" Maintenant, tu as deux semaines pour me raconter en détail ces trois derniers mois, Myranda. Je veux absolument TOUT savoir, nous corrigerons ensemble... "
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[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint Empty Re: [Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

Message par Invité le Jeu 8 Fév 2018 - 6:02

Elle marchait nonchalamment le long du sentier menant au manoir familial.
Son père l'avait laissée à l'entrée du domaine. Lui et sa mère, devaient s'absenter pendant un mois...

Auguste, devait partir dans un pays éloigné, dont Myranda n'avait pas retenu le nom, pour mener à bien les affaires de l'entreprise familiale.

Helena, dont la grossesse était maintenant bien avancée, était accablée de travail au ministère. Elle s'était décidée à en faire le plus possible, avant l'arrivée du nouveau Flint.

C'était donc sa grand-mère, Agatha Flint, qui allait s'occuper d'elle. Fut un temps, cette éventualité, ne l'aurait pas dérangée. Cependant, depuis qu'elle était arrivée à Poudlard, la nature de leur relation avait changée. Elle n'était plus la mamie gâteau, et elle l'enfant sage qui la fixait d'un regard rempli d'admiration. Aujourd'hui elle voyait en sa grand-mère, une espèce d'inquisitrice, dont la sacro-sainte mission, était de faire cracher les fautes de sa petite-fille, les unes après les autres. Jusqu'alors, elle était parvenue, à lui camoufler la majorité de ses erreurs. Mais, existait désormais, un climat de suspicions entre les deux femmes, qui faisait peser une atmosphère singulièrement lugubre à chacune de leurs conversations. L'arrêt silencieux,
de leur correspondance hebdomadaire par lettres, en avait été l'ultime symbole.

Tandis que la jeune fille, venait de s'arrêter face à l'imposante porte de son lieu de résidence, un glacial frisson, vint langoureusement caresser sa colonne vertébrale. Elle avait éprouvé une grande hâte à quitter Poudlard. Cependant, sans qu'elle ne sache pourquoi, elle n'éprouvait aucun plaisir à remettre les pieds ici. Pas dans ces conditions en tout cas.

Elle fit un premier pas. Le claquement de son pied contre le sol marbré résonna dans un râle aigu à travers toute la pièce. Les yeux bleus de Myranda, balayèrent furtivement le hall d'entrée, en quête d'une âme amicale avec laquelle interagir. Rien ne vint. Elle se dirigea ensuite vers le salon. C'était une très haute pièce sombre, tenue par de larges piliers de marbre, dans laquelle était accrochée d'immenses tableaux des membres les plus éminents de la famille. En outre,
Myranda posa son regard un instant sur la représentation de l'une de ses ancêtres, Josephina Flint, ex-ministre de la magie. Elle s'approcha un instant de l'une des grandes baies vitrées pour contempler un instant le grand et chaleureux soleil estival s'éteindre doucement. Distraite et mélancolique, elle n'entendit pas les bruits de pas qui venaient de rompre l'accablant silence de cette grande pièce.


_Petite Maîtresse? Dit une voix aiguë et timide dans son dos.

Myranda, se tourna lentement, et posa ses yeux sur la créature venait l'aborder. C'était cette nouvelle elfe qu'elle avait rencontré pendant les vacances de noël. Elle se tenait devant elle. Ses grands yeux globuleux et brillants la fixaient timidement, tandis que ses oreilles pointues tremblotaient fébrilement vers le sol.


_Tu es Vyvy, c'est bien cela? Dit la jeune Flint. Le visage de l'elfe s'illumina d'un grand sourire, tandis qu'elle faisait une grande révérence à la Serpentard.

_C'est trop d'honneur que vous ayez pris la peine de retenir mon nom, petite Maîtresse. La Maîtresse, est dans les cachots, peut-être voulez-vous la rejoindre?

La jeune fille, se contenta d'un bref hochement de tête. Ensemble, l'elfe et sa propriétaire, sortirent du salon, pour entrer dans la cuisine où, semblait-il,
l'on préparait du thé, elles entrèrent ensuite dans un vaste cellier, rempli de nourritures et de bouteilles d'alcools en tout genre. La pièce était remplie d'étagères devenues bancales avec les décennies (siècles?), et ne demeurait dégagée qu'une partie de l'un des murs. Cette parcelle, était totalement nue,
de toutes peinture ou tapisserie. En revanche, ce qui ressemblait à un grand anneau en argent, scintillait discrètement dans l'obscurité de ce lieu pas plus éclairé qu'une cave. Vyvy, tira lentement dessus, et extirpa du mur, ce qui rassemblait à une petite chaîne. Un grand bruit retentit. Comme si quelqu'un, ou quelque chose, cherchait à sortir du plancher. Vyvy, redirigea la petite maîtresse vers le centre de la pièce, où était subitement apparue une discrète trappe. L'elfe, tira la poignée disposée sur la trappe, et après quelques efforts, ouvrit cette dernière.

Elle donnait sur un étroit escalier circulaire blafard, seulement éclairé par une bougie qui, semblait-il, venait d'être posée aux environs. Myranda, fit un bref hochement de tête à la timide créature, comme pour lui faire comprendre qu'elle pouvait...Non qu'elle devait disposer. Elle n'était pas souvent descendue ici... Ses escaliers, tant par leur rigueur, que par leur aspect singulièrement angoissant, demeuraient une étape pour la moins, désagréable. Une fois en bas, elle fit face à un long couloir aussi obscur qu'humide. Elle le traversa d'un pas pressé, non sans jeter un indiscret coup d'oeil, aux cellules aux barreaux rouillés, qui se trouvaient sur ses flancs. Une fois au bout, elle prit un nouvel escalier, pour pénétrer dans ce que son père nommait : "Les boyaux du manoir". C'était là où sa grand-mère travaillait. Là où nul son n'entrait ou sortait. Là où jusqu'à ses neuf ans, la jeune Flint n'avait jamais osé pénétrer. C'était un grand bureau éclairé par quelques lambes disposées ça-et-là, dont l'épaisse porte en chêne se trouvait dès la sortie des escaliers. Au centre de la pièce, était posé un somptueux  bureau à huit pieds, fait d'ébène, dont les pieds et poignées faites d'or massif, scintillaient insolemment sous les faibles lueurs. Derrière ce bureau, un élégant siège fait de bois de Jacaranda, et verni d'or, arborait fièrement sur le haut de son dossier, le blason de la famille Flint. Les murs, étaient comblés d'étagères remplies de livres aux couvertures multicolores. Seule une étagère, sortait singulièrement du lot. Elle était derrière le bureau, et c'était précisément sur celle-ci, que le regard froid et dur d'Agatha Flint s'acharnait.

Mains derrière le dos, elle observait silencieusement un trésor bien différent de tous ceux que possédait la famille Flint. Myranda, qui était entrée après avoir frappé, fixait silencieusement sa grand-mère qui lui tournait le dos.


_Je t'ai entendu arriver. Comment vas-tu, ma fille.

Myranda fit un pas de plus dans la pièce.

_Je vais bien grand-mère. Je suis étonnée de vous voir encore travailler à une heure si avancée.

Agatha Flint poussa un léger soupir, puis détourna le regard de son "trésor", avant de s'asseoir sur son siège.

Myranda, pour la première fois depuis son entrée, put apercevoir la totalité de ce qui était disposé sur l'étagère.


_C'est...

Elle ne put continuer tant sa surprise fut grande.

_Il a fini par tomber sur plus malin ou plutôt... Plus maline que lui. Le jardinier, a retrouvé son corps, qui pourrissait depuis déjà plusieurs jours. Fort heureusement nous avons pu conserver...

La matriarche, fit une brève pause. Le regard de Myranda s'écarquilla, tandis qu'elle observait la tête ravageait et atrocement déformée de son ancien elfe de maison, Charogne. Comme ses vingt prédécesseurs, sa tête avait été empaillée, et placée sur cette étagère... Cette étagère, que Vyvy voyait au moins trente fois par jours.

_Sa tête dans un état convenable.

Un sourire satisfait, se dessina sur le visage froid de la mère d'Auguste Flint.

_Mais trêves de prolégomènes, jeune fille. Passons à ce qui nous intéresse.

Elle posa ses deux coudes sur son bureau, et croisa les mains.

_ Ton père m'a prévenue, que tu avais perdu ta baguette. Comment est-ce arrivé. Dis moi tout.

Ce n'était pas une demande, ou une proposition. Le ton de la vieille femme, était cassant et autoritaire. La jeune Flint,
opina calmement, se racla la gorge, puis prit la parole.


_ Quand les révolutionnaires...

_Les rats. Corrigea instantanément Agatha.

_Quand les rats, ont décidé d'attaquer Poudlard, j'ai décidé d'accomplir mon devoir de sacrée, et de combattre pour le ministère.

_Pour cela tu as mes félicitations. Continue je te prie.

Myranda opina puis reprit son discours.

_Je défendais les cachots, là où d'autres "rats" avaient été mis sous clé, quand nous fûmes attaqués par un groupe de vermines. Nous n’étions que trois élèves combattant pour le ministère, et nous voulions faire gagner du temps au ministère. J'ai fait ce que j'ai pu mais...

*Toc-Toc*.

Après avoir frappé deux fois, Vyvy venait d'entrer. Toute tremblante, elle tenait dans sa main une tasse de thé qu'elle posa délicatement sur le bureau de sa Maîtresse.

_Reste. Dit Agatha en regardant Vyvy, qui s'apprêtait déjà à partir. Elle se retourna, ensuite vers Myranda. Mais?

La serpentard, prit une grande respiration, puis reprit.

_ J'ai été pétrifiée, et un autre élève en a profité pour partir avec ma baguette.

_ Un autre élève? Questionna Agatha, en levant un sourcil interrogateur.

La fille aux yeux bleus, opina calmement.

_Je vois... Dit Agatha, qui avait commencé à marcher autour de la pièce, sous le regard terrifié de son elfe. J'ai remarqué, que tu avais cessé toute correspondance avec moi, ces derniers mois. Pourquoi? La vieille femme, derrière son flegme et l'élégance qu'elle dégageait, savait, rien que par les mots qu'elle choisissait, se faire comprendre. Myranda sentit son rythme cardiaque, s'accélérait drastiquement. Elle avait compris, que sa grand-mère savait qu'elle ne disait pas la vérité.

_Je ne voulais pas vous accabler de quelques détails inintéressants.

_Oui des détails aussi inintéressants, que ta participation à une bataille, le vol de ta baguette, et pourquoi pas, la trahison de cette peste de Selwyn avec qui tu avais osée me mettre en contact? La tonalité de sa phrase était montée crescendo. Myranda sentit un frisson la parcourir. Elle n'osait plus bouger. Je vais répéter ma question. Qui t'a volé ta baguette?

_Un élève je vous dis! Elle avait manqué de crier. Elle vouvoyait sa grand-mère, et manquait de lui crier dessus... Elle n'avait, jamais fait ça. Elle n'avait même, jamais imaginé faire cela. Mais, ni l'une, ni l'autre, ne semblait être la même femme à présent...

D'un pas pressé, Agatha Flint, se précipita vers son bureau, et ouvrit un tiroir.

_Dis moi... Jeune fille. Penses-tu, que tes compétences en télépathie, viennent de nul part, hum? La vieille femme sortit une baguette de l'un de ses tiroirs. Myranda eut un haut le cœur. Elle tenta de se diriger vers la porte par laquelle elle était passée quelques instants plus tôt pour entrer, mais fut coupé dans son élan par une formule qu'elle n'avait encore, jamais entendue.

_Legilimens! Dit d'une voix forte et distincte, Agatha Flint.

En l'espace d'un instant, la vision de la jeune fille, se troubla. Elle ne vit plus rien, seulement le épais filtre noir, seulement nuancé par ce qui semblait être un discret écran de fumée. Soudain, et dans un haut le coeur, qui manqua de l'emporter elle se retrouva.... Dans le Poudlard Express? Elle était assise là, avec Lienard, Gaston et cet autre Gryffondor dont elle avait oublié le nom. Toute la scène, la dispute avec Lienard, et tout le reste, se déroula à une vitesse prodigieuse. En quelques instants, elle fut sur l'estrade de la grande salle, et le choipeau l'envoyait à Serpentard... Quelques instants après, elle se retrouvait dans les cachots de Poudlard, et vit la lance de la statue s'arrêter à quelques centimètres de ses yeux... L'instant suivant, elle revivait le douloureux moment où sa baguette a explosé en cours... Puis vint le temps des discussions complices avec Gregory... Celles avec Pandora...Tout son temps remonta jusqu'à la bataille dans les cachots. Elle venait d'être pétrifiée par son ancien complice, et là, elle se remémora la grosse main de Ringer, se fermait sur sa baguette... Elle revit tout... Le lendemain quand elle fut maltraitée par un sang-de-bourbe en pleine grande salle... Sa dispute dans la bibliothèque... Tout. Cela suffisait.

Quand elle revint à elle, la pauvre fille était au sol. Elle avait une affreuse migraine. Sa grand mère, la fixait de tout son long. Son regard, témoignait d'une extrême gravité. Vyvy, s'était précipitée pour l'aider à se relever, mais la matriarche venait de lui interdire cette action.


_ Je savais que tu me cachais des choses. Dit-elle avec une froideur terrifiante. Mais tu as dépassé les limites de mon imagination.

Il ne fallut pas longtemps à Myranda pour comprendre ce qui venait d'arriver. La jeune fille, était si tétanisée par la peur, qu'elle n'osait ni bouger, ni accorder un regard à sa grand-mère ou à l'elfe. Agatha, s'en retourna à son étage fétiches.

_ Si tu savais toutes les souffrances que j'ai fait subir à cette elfe... Tous les châtiments que je lui ai infligée, pour qu'elle soit digne de la famille Flint. Elle fit une brève pause. Pour qu'elle fasse CORRECTEMENT le travail que je lui ai donné.

La pauvre Vyvy, se mit à trembler comme une feuille, en poussant quelques gémissements plaintifs. D'affreux souvenirs venaient de pénétrer l'esprit de la jeune elfe.

_V...Vous êtes en train de me comparer à... Une elfe?

Questionna Myranda, avec les quelques miettes d'assurance qu'il lui restait.

_Non. Coupa sèchement la matriarche. Entre un hideux et monstrueux cracmol, une elfe de maison, et une petite idiote sans baguette... A ton avis, qui est le plus faible des trois?

Cette ultime pique, estomaqua littéralement la jeune fille. Elle avait l'impression, que quelqu'un venait de violemment plonger une aiguille dans son cœur. Elle ne sut, ni répondre, ni réagir. Son regard écarquillé par la terreur, se contentait de mollement fixer le sol.

_Vyvy. Tu vas raccompagner cette... Petite idiote dans ses quartiers. Veille à ce qu'elle ne manque de rien. Je la veux debout, et prête demain matin dès 6 heures. Dans le cas contraire, vous en subiriez toutes les deux les conséquences. Maintenant, dehors!
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[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint Empty Re: [Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

Message par Invité le Ven 9 Fév 2018 - 18:33

Un mois s'était écoulé... Un monde s'était effondré... Un autre, froid, puissant et inflexible, s'était érigé. Comme tous les mondes, il avait émergé dans la peine, et la souffrance.

Elle était responsable. Elle avait été indigne de son rang, indigne de son sang,
et indigne de son statut. Elle avait été faible. Elle ne le sera plus. Elle avait toléré ses échecs, elle ne le fera plus. Elle avait souillé son image, elle ne le fera plus. Tout cela, avait été difficile à accepter. Longtemps, elle avait nié avoir fait quoique ce soit de mal. Plus maintenant.  Tout avait été effacé. Les erreurs et les impuretés, avaient disparues.

Elle était une Flint. Elle était Myranda Flint. Jamais plus, elle ne décevra sa famille. Elle savait ce qui l'attendait si elle venait à réitérer les mêmes erreurs. Elle avait longuement écrit, et réécrit, l'ensemble de ses obligations.
Plus elle l'écrivait, plus ses dogmes, marquaient sa chair, tant symboliquement, que littéralement.

Elle avait, fut un temps, grimacé. Elle avait pleuré. Plus maintenant. Elle continuait à écrire. De longues phrases sanguines, s'étaient gravées le long de ses bras. Quand elle se sentait flancher, quand elle sentait sa volonté s'évanouir, une douleur plus vive encore la ramenait sur Terre.

Une fois, une seule, elle avait pensé pouvoir manquer l'appel de son réveil. Encore des souffrances. Plus jamais.

Vyvy partageait tous ses tourments. Elle avait été compatissante. Plus maintenant. Son regard était devenu froid, et inexpressif. Les longues souffrances qu'elle avait endurées, avaient autant abîmé sa jeunesse que son innocence.


Ce jour-ci, ses parents rentraient. Ils ne devaient rien savoir. Ils ne comprendraient pas. C'était également de leur faute. Ils avaient été trop tendre avec elle. Elle continuait de les aimer, mais ne les suivrait plus. Sa plume, plongea dans un encrier de cristal, flambant neuf. Un manuel de sortilèges était posé face à elle. Elle prenait des notes. Elle ne se laissera plus distancer. Soudain, un petit bruit résonna. Ils étaient rentrés. C'était la fin de son tourment, mais également le début de sa seconde chance.

_ Bonjour, père, mère. Vous allez bien?
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[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint Empty Re: [Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

Message par Invité le Ven 16 Mar 2018 - 1:10

Elle était finalement de retour. Il y a un an, elle traînait le pas. Cette année, elle avait imploré toutes les entités supernelles possibles et imaginables , dans l'espoir de revoir ce qui se présentait, désormais, sous ses yeux. Le domaine du manoir... Elle le voyait plus petit d'années en années. Curieusement, plutôt que de la mélancolie, cette sensation éveillait en elle, un instinct presque... Fraternel. Elle se retrouvait un peu dans cet environnement, classieux mais également, si monotone...

Ses yeux, bien malgré eux, se permirent une brève contemplation. Ils s'arrêtèrent tout d'abord, sur les restes d'un petit arbruisseau, que la jeune Flint avait laissé, l'été dernier, bien vivace. Il n'en restait plus grand chose. Ses maigres racines, noircies et désséchées, avaient été arrachées par les cinglantes rafales hurlantes de l'hiver dernier. Gisait ainsi, un frêle tronc, pourtant promis à toutes les aspirations. Une intervention humaine, aurait, sans l'ombre d'un doute, permis de redresser le végétal. Il n'en avait pas été ainsi. Il était mort seul, dans l'obscurité d'un printemps sans soleil.

Vision moins macabre, les hautes herbes en lisière du domaine, pâles et voutées, par les rafales tièdes d'un printemps traversti en automne. Elles se relevaient difficilement. Le moindre coup de vent, pourrait les remettre dans leur état initial. Cependant, la cohue, était solidaire. Nul doute que si l'une flanchait, une autre serait là pour l'intercepter. Les plus affligées, étaient entourées des autres, droites et fières. Réconfortées par celles à proximité, protégées par celles qui faisaient encore front. Elles surpasseront ensemble cette épreuve.

Enfin, comme pour compléter une absurde chronologie, régnait au centre du domaine, un imperturbable hêtre pourpre. Myranda, l'avait toujours connu. Petite, elle n'en apercevait même pas le bout. Aujourd'hui, alors qu'elle s'obombrait de son feuillage sanguinaire, rien n'avait changé. Il l'intimidait, autant qu'il l'inspirait. Aucune saison, aucune météo, aucun cataclysme, ne pouvait le faire sourciller. Et ses racines profondément enfouies, continuaient d'anéantir, les imprudents qui s'amuseraient à marcher sur  ses plates-bandes.

L'état du domaine, laissa songeuse la jeune fille. La tige, n'avait pas survécu à l'agression. Elle était seule, sans personne, et n'avait pas trouvé en elle la force de résister à une ultime rafale. Les hautes herbes, elles, tenaient le coup. Cependant, elles ne progressaient pas. Elles se partageaient leur espace vitale, et étaient condamnées à mener le même combat, mois après mois. L'hêtre, avait dépassé ce stade. Sans doute aurait-il pu connaître le même destin que l'arbrisseau. Mais il avait survécu. Il ne s'était pas contenté de reposer sur l'épaule d'un tiers, comme les herbes hautes. Il avait grandi, progressé, et aujourd'hui régnait en maître dans cet environnement. Sans doute, qu'une quelconque morale, s'était logée dans l'esprit apaisé de la jeune fille. Elle ne s'étendit pas longuement dessus. Un instant plus tard, elle était rentrée.

A peine, l'imposante porte du manoir s'était-elle fermée, qu'une petite silhouette, apparût dans dans le hall d'entrée. Il ne fallut pas une seconde à la jeune fille, pour reconnaitre l'elfe de la famille. Vyvy, qui quand elle n'était pas apeurée, était intimidée, n'était pas connue pour sa gaieté. Pourtant, c'est une sincère manifestation de joie, qu'effectua la petite elfe, quand ses deux grands yeux globuleux, se posèrent sur Myranda. Elle sautilla sur place, puis se précipita à toute hâte vers "la jeune Maîtresse".

_" Quelle joie de vous revoir madame! Vyvy, s'est beaucoup inquiétée pour vous!" Sa voix, était empreinte d'une émotion non dissimulée. Son nez, crochu et retroussé, tremblait légèrement. " La Maîtresse, s'est rendue malade de vous savoir moribonde! Elle est dans le salon, elle s'occupe du jeune maître, il faut que vous alliez la voir!"

Myranda, avait déduit deux choses, de cet élan de lyrisme. D'une part, la matriarche, était sans doute absente, ou fort occupée. En effet, Vyvy ne se serait jamais permis de telles tergiversations en d'autres circonstances. D'autre part, sa mère, Helena Flint, était là. Elle eut un pincement au coeur. La jeune Flint, avait déploré l'absence de sa mère pendant sa longue et fastidieuse guérison. Cependant, ce désir de la revoir, s'était évanoui, aussitôt qu'une mention au "jeune maître" eut été faite.

Un long soupir retentit dans le vaste hall, tandis que le regard de Myranda s'intensifia. Sans regarder son elfe, ses lèvres s'entrouvrirent.

_ "Vyvy... J'ai laissé mes bagages à l'entrée du domaine. Quand tu auras terminé de les ranger, prépare moi quelque chose à manger. Ce que tu voudras. Le voyage a été long."

L'elfe fit une gracieuse révérence, claqua des doigts, et disparut. Myranda, était de nouveau seule. Elle fit quelques pas sur le marbre glacial. Ses pieds résonnaient, comme un triste claquement dans cette demeure encore silencieuse ... Elle s'interrompit brusquement. Son corps frêle, s'était installé perpendiculairement à une grande porte d'un noir fuligineux et si profond, que les quelques maigres reflets du soleil assez téméraires pour venir s'échouer ici, rebondissaient lamentablement sur sa surface. Elle demeura immobile de longues secondes. Son visage, habituellement impassible, semblait singulièrement déconcerté.

Résonnait, dernière cette porte, un son que la jeune Flint avait occulté depuis longtemps. Cela ressemblait à un rire, mais il était doux, pur, et incroyablement agréable à écouter. Il fut rapidement suivi, par un roucoulement, suraigu. Une autre voix, que Myranda reconnut beaucoup plus facilement, se fit entendre. Elle exigeait un "chuuuut", de la façon la plus tendre et chaleureuse qui soit. Les paroles d'une mère aimante, à son nouveau né, en somme.

Une aigreur, couplée à une grande tristesse, vinrent gangrener le cœur de la jeune fille. Elle aurait tant aimé, entendre cette voix, quand elle avait eu si peur ; Qu'elle avait eu si mal. Elle poussa un bref soupir, puis se décida à monter dans sa chambre, sans saluer personne...

_ "Où vas-tu, jeune fille?"

Dit une voix que Myranda avait reconnue presque instantanément. Agatha Flint, venait de jaillir d'un couloir adjacent. La jeune fille, avait grandement relativisé sa relation avec sa matriarche. Que représentaient, quelques frugales tortures, face à ce qu'elle avait enduré? Sans peur, aucune, elle se tourna vers sa matriarche. Elle ne fit pas la moindre révérence.

_" Je suis fatiguée de mon voyage, je monte me reposer. Chaque événement notable de mon année, vous a été transmis par lettre. Si vous avez des questions complémentaires, je suis disposée à y répondre. "

Agatha Flint, fronça les sourcils. Ce qu'elle redoutait, était finalement arrivé. Elle n'avait plus peur. La monstruosité que sa petite-fille lui avait décrite par lettre, lui avait offert une expérience, qui dépassait toutes les punitions qu'Agatha pouvait imaginer. Les deux femmes, étaient conscientes de cet état de fait. Pourtant, dans le regard bleuté de la jeune fille, Agatha reconnaissait une lueur qui lui était familière. C'était la sienne. Un bref sourire se dessina sur les lèvres de la vieille femme.

_" Va voir ta mère, et va rencontrer l'héritier. Il aura besoin de toi en temps voulu. "

La jeune Flint, poussa un bref soupir, mais se résigna. Elle baissa les yeux, et retourna vers la porte, sans accorder le moindre regard à sa grand-mère. Alors, qu'elle s’apprêtait à actionner la poignée, Agatha Flint reprit la parole.

_" Je suis contente de te revoir... Myranda. "

Cette dernière s’interrompit un instant. Un nouveau soupir, puis elle entra.  

Helena Flint, née Parkinson, ressemblait beaucoup à sa fille. Les mêmes yeux, le même nez, des lèvres fines, et des pommettes hautes. C'était une jolie femme, très coquette, qui menait sa carrière au ministère avec brio, et ne s'était jamais mêlée des querelles familiales, des uns et des autres. Elle était de dix ans moins âgé que son époux, qui l'avait remarquée totalement par hasard lors du mariage de sa soeur aînée, Isabella Parkinson. Les deux, s'étaient mariés, dès qu'Helena eut terminée sa scolarité. Néanmoins, quelque chose différenciait singulièrement Myranda de sa mère. Il suffisait, de converser avec chacune d'elle pour s'en rendre compte. Tout ce que l'ex-héritière, pouvait exprimer avec froideur, et indifférence, Helena, le faisait avec bienfaisance et amabilité.

Helena, s'était levée, aussitôt que Myranda avait fait son entrée. Les deux se toisèrent longuement, sans piper mot. Leurs yeux s'écarquillèrent, presque parallèlement. Le coeur de la jeune fille, se serra, tandis qu'elle sentait toute son aigreur, s'évanouir en un instant. Sa lèvre inférieure, se mit à trembloter, elle n'attendait qu'une chose.

_"Myranda..."

Son nom, résonna, tel un sifflement chaleureux et apaisant. Les lèvres de la jeune Flint, s'entrouvrirent, mais aucun son n'en sorti. Tandis que les larmes lui montaient aux yeux, elle se précipita dans les bras déjà ouverts de sa mère, qui l’enlaça tendrement.  

_ "J'ai eu tellement peur..." Dit la jeune fille, qui ne pouvait plus contenir son émotion.

Un nouveau "chuuut" attendrissant, venait de résonner, tandis qu'Helena, caressait doucement le dos de sa fille.

_" Tout va bien... Maman est là..."

Elles restèrent ainsi, de longues minutes, sans rien dire. Myranda, se revigorait de cette chaleur familière. Son coeur s’apaisait, et elle finit par pousser un ultime soupir. Elle allait mieux. Son visage, renfila son masque froid et impassible. Helena se redressa, et fixa sa fille avec tendresse. Elle appréciait la compagnie d'Auguste Flint. C'était un brave homme, et en ferait beaucoup pour lui. Cependant, il n'y avait qu'en ses enfants, qu'elle vouait un amour profond et sincère. Un nouveau gémissement enfantin résonna.

Il provenait d'un landau situait non loin. La jeune Flint, n'avait pas osé porter son regard jusqu'à lui. Cependant, sa mère était déjà retournée à lui.

_" Viens lui dire bonjour!" Demanda-t-elle avec douceur et enthousiasme.

Myranda, souffla du nez. Elle fit quelques pas discrets. Son regard, se posa bientôt, sur cette petite chose toute ronde et rose, et enroulée dans des draps de soie. Cette petite chose, qui lui avait retirée sa grandeur... Un frisson, vint langoureusement lécher sa colonne vertébrale, tandis que son regard s'intensifiait. Le bout de chou, la fixait, de ses deux grandes billes bleues. Il ne bougeait pas, et restait bien sage, tandis qu'il découvrait ce nouveau visage qui lui ressemblait un peu.

Le temps, sembla ralentir. Sans que son regard ne change d'un iota, elle avait levé la main, et la dirigeait lentement à l'intérieur du landau. Le nourisson, continuait de fixer avec curiosité cette grande, qui dirigeait lentement son index vers lui. Elle était si lente, qu'il s'était décidé à prendre les devants. Sa petite main, était venue s'enrouler autour du doigt de la jeune fille.

Un lourd silence, s'installa, puis le bébé Flint, se mit à éclater de rire, en regardant sa grande-soeur avec tendresse. Myranda, eut un haut le coeur. Elle cligna convulsivement les yeux, puis toisa son frère de longues secondes... Il était beau... Hemera, avait tort. Définitivement tort... Jamais elle ne pourra lui faire du mal. Au contraire ... En ce début d'été, Myranda jura, qu'elle prendra toujours soin de lui.
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[Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint Empty Re: [Alentours de Bristol, Royaume-Uni] Manoir Flint

Message par Invité le Sam 12 Mai 2018 - 22:57

Elle s'était presque forcée à quitter le château. A la fin du mois de Juin, elle avait reçu une courte lettre, la sommant de se rendre immédiatement au manoir. Aucune formule de politesse, aucun sentimentalisme, la lettre allait droit au but. Elle était signée du nom d'Auguste Flint, patriarche.

Père...

La jeune fille à la chevelure fuligineuse baissa la tête, en serrant le parchemin entre ses mains tremblantes. Même la fuite, l'exile, était une grâce qui lui était refusée. Elle avait voyagé seule. Seule dans le Poudlard Express, seule sur les quais, seule pendant le long trajet qui la séparait de Bristol. Il n'y avait rien qu'elle puisse faire. Seulement attendre que la sentence soit prononcée. C'était sans doute cette attente qui s'avérait la plus douloureuse. La jeune fille, était connue pour toujours envisager le pire. Pourtant cette fois elle ne s'était égarée en aucun prognostique. Elle n'avait ni la force, ni le courage requis. Elle se retrouva dans le domaine du manoir. Aujourd'hui, elle ne s'y attarda pas.

La mine défaite, le corps et le cœur meurtris, elle toqua à la porte. Comme presque toujours, ce fut Vyvy qui lui ouvrit. Pas un mot, pas un seul regard ne fut échangé...






Qu'est ce que vous feriez à ma place...?

Le père Flint, qui avait enfin pris ses responsabilités, se gardait le droit de consulter sa mère Agatha Flint dans certaines affaires. Cette dernière étais assise sur l'un des fauteuils en cuir du salon. Elle semblait totalement ailleurs. Ses yeux, aussi bleus que ceux de sa petite famille, fixaient mollement le portrait de l'une des ancêtres de la famille : Josephina. Régnait dans cette séculaire pièce, une ambiance singulièrement morose. Chaque rafale extérieure, chaque sifflement de la théière, chaque craquement de plancher, faisait entrer les protagonistes de cette triste scène dans une moribonde anxiété. Le nouveau patriarche, ne put s'empêcher d'enfouir son visage dans ses mains ouvertes, tandis que la vieille femme mobilisait le peu de forces qui lui restait pour fournir un semblant de réponse.

Je ne sais pas... Néanmoins, je sais comment votre père aurait réglé l'affaire. Ce n'est pas ce que nous voulons, n'est-ce pas?

Auguste ne répondit rien. Il était bien conscient qu'il s'agissait là d'une question rhétorique. Il se leva et se massa nerveusement la mâchoire.

Ce sale sang-de-bourbe... Clama-t-il avec une fureur totalement décomplexée. C'était une expression que l'homme n'employait que très rarement. Il y avait beaucoup de termes qui pouvaient le décrire néanmoins, intolérant n'était pas de ceux là.

C'était également lui qui?...

Agatha opina calmement.

Qui l'avait humiliée et brutalisée dans la grande salle à la fin de sa première année, oui.

Auguste serra le poing. Ses dents se frottèrent l'une contre l'autre, tandis qu'il luttait pour ne pas exploser.

Je vais tuer ce sale morveux.

L'ancienne matriarche, préféra ne pas réagir à ses paroles en l'air. Elle savait aussi bien que lui, qu'il n'en sera jamais rien. Elle poussa un bref soupir, puis hocha les épaules.

Elle s'est jetée seule dans la gueule du loup... Néanmoins, tu as enfin compris le danger que représentait les impurs après toutes ces années. Mes félicitations. Tous ceux qui ont fait du mal à ta fille, étaient impurs.

Agatha n'avait même pas pris la peine d'être sarcastique... Elle était trop désemparée pour cela. Le père de Myranda se contenta d'opiner en poussant un bref grognement. Lui qui était si habitué aux joutes verbales contre sa génitrice n'avait cette fois-ci, rien à dire. Il s'installa au bout de la grande table où la famille prenait son repas et attendit que sa fille ne fasse son entrée.






Les derniers pas furent les plus compliqués pour la jeune fille. Son souffle s'était accéléré, et son corps était secoué de tremblements. Elle toqua faiblement à la porte du salon. Le plus accablant et sentencieux des silences avait envahi l'atmosphère. La principale intéressée, vit sa terreur décuplée et elle s'apprêtait déjà à courir vers la sortie du domaine. Cette initiative aurait pu s'avérer effective, si la porte n'avait pas fini par s'ouvrir. Sa grand-mère se trouvait derrière. Malgré elle, leurs regards se croisèrent. Elle vit ce qu'elle craignait de voir. Une intense déception. Une déception meurtrière, incisive... Une déception qui avait laissé une marque indélébile. Pas un mot n'avait encore été prononcé, que Myranda savait déjà que cette fois-ci, nul pardon ne l'attendait. Son coeur se serra, sa gorge se noua, tandis qu'elle faisait les derniers pas la séparant de son père. Une certaine distance les avait toujours séparés. Néanmoins, celui-ci avait toujours dégageait une puissante aura protectrice. La petite Flint, ne s'était jamais sentie en danger quand elle était avec lui. Aujourd'hui, c'était une animosité puissante qui régissait la relation entre les deux individus.

Myranda...

Commença le père en poussant un long soupir marqué par une profonde lassitude.

Tu sais pourquoi tu es ici, n'est-ce pas?

Myranda opina faiblement. Elle n'avait même pas osé le regarder. Son regard fuyait sur ses flancs. Ses lèvres sèches, ne parvenaient plus à se séparer l'une de l'autre. De toutes façons, sa gorge était si nouée qu'aucun son n'aurait pu en sortir. Agatha avait refermé la porte quelques secondes après l'entrée de la petite fille qu'elle avait éduqué. L'échec de Myranda était aussi le sien. Elle repartit s'installer sur son fauteuil et laissa son fils mener la suite de la conversation.

Tu as gravement déshonoré ta famille et ton nom pour participer à une ridicule compétition. Le pays entier est au courant qu'une Flint a flanché face à un sang-de-bourbe. Le pays entier est au courant que cette même Flint, l'a fait de son propre chef, pour assouvir sa petite fierté. Malgré nos mises en garde, malgré les nombreux retours à l'ordre que nous t'avons imposée, rien n'y fait. Je crains que tu ne sois défaillante, Myranda.  

"Défaillante". C'était un terme affreux. Affreux, parce qu'il correspondait parfaitement à l'idée que Myranda avait d'elle même. La jeune fille n'avait toujours pas prononcé le moindre mot. Son regard partit trouver le sol, tandis qu'elle retenait les dernières larmes qu'elle n'avait pas pu écouler lors des dernières semaines.

Rien n'a fonctionné. Nous n'avons pas pu te remettre dans le droit chemin. Des mesures doivent être prises.

Une violente décharge secoua le corps de la jeune fille. Cette phrase... Plusieurs fois, dans ses pires cauchemars, elle l'avait entendue prononcée. Pendant une fraction de seconde, elle fut bercé par l'espoir que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve.

Nous ne pouvons plus te laisser tâcher notre nom. Nous sommes forcés de t'isoler. Tu ne resteras pas ici cet été. Nous te payerons une chambre dans un lieu fréquentable. Nous te fournirons également tout ce dont tu auras besoin. Vyvy se chargera d'amener tes affaires. Pour les autres vacances, tu resteras à Poudlard jusqu'à la fin de ta scolarité. A cette date, nous prendrons une décision définitive te concernant. D'ici là, toutes les éventuelles aspirations que tu pourrais avoir à l'égard d'un éventuel héritage sont suspendues. Tu te vois également retirer le droit d'entrer ou d'approcher n'importe quel autre lieu inscrit au patrimoine de la famille Flint. Enfin, toute correspondance avec une quelconque autre personne sacrée, devra passer par mon approbation directe. Nous t'accordons encore le droit de porter notre nom, pour l'instant.

C'était... Elle n'avait pas les mots. Elle avait presque l'impression que son père s'adressait à quelqu'un d'autre. Cela ne pouvait être elle! Pourquoi le serait-ce? Elle qui avait fait tant d'efforts. Elle qui avait tant souffert, fait tant de sacrifices... Elle se leva, prit une grande respiration, et fit tout ce qu'elle put pour parler distinctement.

E...Est-ce que... Je peux le voir...Avant de partir?

Elle parlait bien évidemment de son petit frère. Il était âgé de trois ans maintenant. Elle avait promis de le protéger mais... Comment pourrait-elle le faire si on la forçait à vivre loin de lui? Auguste Flint, avait bien compris la question. Il secoua négativement la tête.

Non. Dans son intérêt, il vaut mieux que... Ton influence sur lui reste limitée. Je sais que tu comprendras.

Elle se leva et n'ajouta rien. Le regard désemparé, presque déchiré d'Agatha la suivit jusqu'à l'extérieur du domaine. Elle quittait sa maison, juste après y être rentrée... Y retournera-t-elle un jour? Seul l'avenir le dira.
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Message par MJ Auxiliaire le Sam 12 Mai 2018 - 23:55

Quelques jours après cet évènement, un hibou est venu trouver Myranda Flint où qu'elle soit logée. A la patte de ce dernier, l'on peut voir une missive scellée de deux cachets de cire, le premier portant les armoiries de la famille Rosier, le second celles de la noble famille des Black. Le contenu de la lettre l'invite à se présenter au domaine des Rosiers dans le Derbyshire. Cette lettre lui servira de portoloin, confirmant ainsi que cette affaire était officielle car un tel moyen de transport ne pouvait être autorisé sans l'aval du Ministère.

Ce portoloin sera actif le lendemain à midi.

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Message par Invité le Dim 13 Mai 2018 - 0:20

Elle s'était installée dans une petite auberge située sur le chemin de traverse. C'était un peu petit et bruyant, surtout si l'on prenait en compte ce à quoi elle était habituée. Néanmoins, c'était bien là, la dernière de ses préoccupations. Elle n'avait jamais cessé de se remémorer les dernières paroles de son père... "Défaillante". C'était trop vrai. Que pouvait-elle dire? Elle avait fait une erreur, et devra apprendre à vivre avec. Il fallait qu'elle explore les possibilités qui lui restaient. Devait-elle partir en quête de vengeance quitte à sacrifier le peu qu'il lui reste? Ou devait-elle se rattacher aux quelques dernières miettes de vie que la fatalité avait bien daigné lui laisser?

Elle demeura quelques jours seules, sans rien faire dans cette triste chambre. C'est à peine si elle mangeait. Il lui arrivait de sortir un livre, mais elle le refermait presque aussitôt. Elle passait de longues heures à contempler les passants s'attarder dans les rues, sans penser un rien. Un jour, elle fut sortie de sa triste contemplation par les hululements d'un hibou qui n'était ni le sien, ni celui de sa famille. Elle saisit la missive et reconnut presque aussitôt les cachets. Un léger frisson vint fébrilement lécher la colonne vertébrale de la jeune fille, tandis qu'elle brisait le sceau. Une invitation chez les Rosier...? Leona...

Elle n'était pas certaine de vouloir la vouloir. Pouvait-elle supporter une nouvelle fois ce regard? Ce regard qui viendrait de l'une des personnes qu'elle estimait le plus au monde? Elle réfléchit longuement à cette possibilité. Le lendemain, après une intense réflexion elle se décida finalement à utiliser le portoloin...
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Message par MJ Auxiliaire le Dim 13 Mai 2018 - 0:32

Alors qu'elle touche le portoloin, la lettre vibre et tout devient noir pour la jeune fille. Quelques secondes plus tard, un tout autre décors apparaît devant ses yeux et elle se retrouve directement au domaine de la famille Rosier.

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