Maison des Lienard - Strasbourg

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Message par Jeremy Lienard le Jeu 25 Jan - 6:29

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« Chère maman,

Ça y’est, une nouvelle année arrive, j’ai passé de bonnes fêtes à Poudlard avec les quelques autres qui sont restés et le personnel, nous avons bien ris, bien mangé, je t’ai senti inquiète de me voir passer des fêtes seul dans ta dernière lettre mais ne t’en fais pas, tout se passe bien. La seule chose qui me manquait c’est toi maman, après tout c’est la première fois que nous ne sommes pas ensemble pour le réveillon et le nouvel an. J’ai beau m’habituer peu à peu à mon école, ton absence sera toujours lourde à supporter..

Sinon je continue à travailler dur comme tu me l’as si souvent rappelé, d’ailleurs j’ai eu le plaisir de voir que je fais partie des meilleures premières années ! Je pensais que ma non connaissance de ce monde me donnerait un handicap mais finalement c’est l’inverse, ma curiosité fait que j’en fais plus que la plupart et que je rattrape mon retard petit à petit, là encore tu avais raison. Ne crois pas que je me vante, enfin c’est un peu le cas, c’est surtout que je suis content de pouvoir te rendre fière, de te dire que notre séparation n’est pas pour rien, je suis content de pouvoir montrer ma valeur, et donc la tienne, à ceux qui méprisent les gens de notre monde à tous les deux..

D’ailleurs j’essaye de suivre tes conseils, d’aller vers les autres, d’ignorer les intolérants mais c’est parfois difficile, j’ai beaucoup de mal avec mes émotions. Et ce n’est pas tant me faire insulter qui me dérange mais qu’en insultant moi et mes origines, ils t’insultent aussi, ça m’est insupportable. A part Lloyd, dont je t’ai déjà parlé, je n’ai pas vraiment d’amis, mais ne t’inquiètes pas maman j’ai fait des rencontres récemment qui semblent prometteuses avec des personnes gentilles, je vais même rejoindre le club de théâtre ! Je sais à quel point tu aimes ça, j’aimerai que tu puisses me voir jouer un jour, tu as toujours tellement aimé venir à mes représentations à l’école.

Et il ne faudrait pas que j’oublie de te parler de notre dernière sortie scolaire ! On a vu des ondines, des créatures magnifiques ! On a aussi visité un village composé de gens eux-mêmes issus de plusieurs peuples il y a longtemps. Chaque jour je découvre des choses nouvelles dans le monde magique, des choses extraordinaires qui dépassent l’imagination, tu serais tellement heureuse ici, toi qui aime tant découvrir. Et un jour tu découvriras ce monde, je te l’ai déjà dit mais je le répète, je te fais la promesse qu’à la fin de ma scolarité je reviendrai te chercher et te donner la vie que tu mérites, c’est ce qui me motive quand j’ai des remords de t’avoir laissé ici ou que j’ai un coup de moins bien, tout ça je le fais pour nous deux, c’est ce qui me fait avancer.

Voilà, je t’ai senti un peu inquiète dans ta dernière lettre mais ne t’en fais pas, tout se passe bien. Tu as déjà une vie très difficile ici, plus que tu ne me l’avoueras, alors sois au moins l’esprit tranquille me concernant.

Tu trouveras ci-joint un cadeau que j’ai créé magiquement, il n’a rien d’extraordinaire, je l’aurai fait bien plus vite manuellement mais je voulais t’offrir un peu de mon travail, de ce que j’ai appris, ce n’est pas grand-chose mais j’y ai mis tout mon amour pour toi.

En attendant ta lettre avec impatience, je te fais pleins de bisous et te souhaite bon courage là où tu es, je pense tous les jours à toi. Je t’aime maman.»


Le cœur emplit de joie, et de tristesse également, Maryline serra la lettre de son fils contre sa poitrine, regardant par la fenêtre. Elle ne réalisait toujours pas ce qu’il se passait, avait du mal à croire en ce monde magique même si on lui en avait donné la preuve concrète que ça existe. Comme toujours elle se demandait « avait elle eût raison de laisser Jeremy partir ? » mais comme toujours elle en venait au même constat, oui elle avait eu raison, rien de bon ne pouvait attendre son fils ici, aucune perspective d’avenir.

Elle se saisit du cadeau envoyé avec la lettre, elle le trouva magnifique malgré la simplicité de ce dernier. C’était un bracelet, Maryline pourrait le garder avec elle chaque instant, finalement elle l’essaya et contempla le présent pendant de longues minutes. On pouvait voir un sourire éclairer son visage tout le long avant que des larmes commencent à couler le long de ses joues. Des émotions contradictoires s’éveillaient en elle, une des nombreuses caractéristiques dont son fils avait hérité : l’émotivité. La maman de Jeremy était à la fois heureuse de voir son fils réussir et avoir une vie loin d’ici mais en même temps son cœur était lourd quand elle pensait qu’ils ne se reverraient plus avant la fin de sa scolarité. A cette pensée elle sanglota, se laissant aller à des pleurs pendant de longues minutes, c’était rare mais quand ça arrivait elle se laissait aller complètement, c’était le mieux à faire. Puis elle se ressaisit.

- Bon ma grande, ressaisis-toi. Jeremy est en sécurité, il peut manger à sa faim, apprendre, s’épanouir, qu’est ce que tu veux de plus ? Tu dois continuer à te battre ici, pour lui, pour tenir jusqu’à ce qu’il ait fini ses 7 années et que vous puissiez partir d’ici tous les deux..

Cette dernière pensée lui remit un sourire sur son visage. Il avait fini par la convaincre aussi. De toute façon elle devait y croire. Ils avaient toujours été si proches et complices, ça serait impensable de ne jamais le revoir. Et puis elle avait elle-même envie de voir ce monde si merveilleux que lui décrivait son enfant. Maryline serait prête à se battre pour survivre, se nourrir, jour après jour jusqu’au moment fatidique, cette lettre lui avait redonné de la motivation.

La chouette qui avait amené le courrier hulula, lui disant à sa façon qu’il attendait un courrier à ramener en retour. Elle se saisit d’une plume, d’une feuille vierge et commença à écrire. Elle adorait ces moments qui lui faisaient oublier son quotidien et laisser un peu libre cours à son imagination. Cette fois elle lui écrit une histoire qu’elle avait imaginé au fur et à mesure des derniers jours, ça avait toujours été un jeu à eux de créer des histoires ensemble. Elle écrivait sans se rendre compte du temps qui passait, racontant aussi son quotidien, sa fierté et surtout son amour, ponctuant sa lettre par une dernière phrase :

« Ta maman qui t’aimes plus que tout au monde et qui est impatiente de voir l’homme que tu deviens et que tu seras »
Jeremy Lienard

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Message par Jeremy Lienard le Dim 18 Mar - 11:27

« Chère maman,


Voilà maintenant deux ans que nous sommes séparés, je ne cesse de compter les années, les mois et les jours où je pourrais de nouveau apprécier ta compagnie. Cette année a été difficile mais je tiens bon, je garde en tête ton éducation pour faire face aux obstacles et même si je suis loin d’être parfait je reste fidèle à la personne que tu as toujours connu et que tu as élevé.


Chaque jour je découvre de nouvelles choses qui me font remettre tout en question, ce monde est fou, et parfois je me perds. Tes conseils toujours avisés me manquent, ça semblait tellement plus simple quand tu étais là pour me guider. J’ai vu des scènes qui m’ont redonné foi en l’homme et au contraire qui m’en ont dégoûté, parfois les deux en même temps. Je ne peux pas l’expliquer, c’est tellement difficile de décrire ce que je vois par écrit. Ou interdit.


Mais je me plains encore et encore mais ne t’en fais pas maman j’ai aussi vécu des moments de joie et de bonheur . Et puis toutes ces épreuves ne font que me rendre plus fort, je suis d’ailleurs très optimiste pour l’année à venir, je me sens de plus en plus à l’aise et commence à considérer Poudlard comme ma maison. D’ailleurs j’ai toujours cette légère frustration de ne pas pouvoir te montrer le château, je n’imagine même pas la tête que tu ferais en le découvrant, après deux ans encore il me surprend sans cesse et je te prie de pourtant croire que j’en ai vu pas mal déjà. Je sais c’est un court résumé de ma deuxième année  mais il n’y a rien de vraiment nouveau, c’est simplement la vie. Et puis il y a beaucoup de choses dont je ne peux te parler dans une lettre malheureusement, je dois rester secret sur beaucoup d’éléments mais je te prie de croire que tout va bien malgré le caractère inquiétant que peut t’inspirer ce que je t’écris.


Pour les vacances d’été je les ai passé au même endroit, comme d’habitude. C’est très vide mais je dois avouer que c’est plutôt agréable d’avoir le château ainsi que tout le domaine pour soi tout seul, ça donne presque l’impression d’être un roi. Je crois que je n’ai jamais vu un parc aussi beau, il y a des dizaines de petits coins plus charmants les uns que les autres, autant te dire que le parc de l’Orangerie fait plus que pâle figure à côté. Ca me rappelle d’ailleurs comment nous passions nos étés à juste flâner toi et moi, c’était des moments de joie absolue dont j’aurais aimé plus profiter encore, je n’ai jamais jamais été aussi proche du bonheur que lors de ces instants où nous rigolions, jouions ou parlions pendant des heures sans voir l’heure passée, je regrette simplement de m’en rendre compte maintenant.


Sinon j’espère que tout va bien pour toi où tu es, que tu arrives à être heureuse malgré tout, que tu ne te démène pas trop pour les autres, je te connais que trop bien maman, n’oublie pas de penser à toi un peu. Je te l’ai déjà répété de nombreuses fois mais il faut tenir coûte que coûte jusqu’à ce que je puisse venir te chercher dans cinq ans, aucune autre promesse n’est plus importante que celle-ci et je la tiendrai. Je ne te demande qu’une chose, de réfléchir à notre avenir, de décider là où tu voudrais que l’on s’installe, on ira où tu voudras, n’ai pas peur d’être ambitieuse. Ou alors nous pourrions parcourir le monde, je sais que c’est un de tes rêves d’enfant, que je partage d’ailleurs. Après peu m’importe où l’on ira tant que nous sommes tous les deux réunis.


J’aurais aimé t’en dire plus mais je t’en ai déjà dis pas mal dans nos précédentes lettres, ces derniers mois n’aillant pas été très mouvementé de toute façon. Je répondrai à toute question qui te viendrait en tête évidement.


Prend soin de toi maman, je ne te répéterai jamais assez combien je t’aime, je pense à toi chaque jour et il me tarde de recevoir ta lettre. »


Maryline lu le courrier de son fils avec de grands yeux, la bouche légèrement entrouverte, complètement happée par les mots de son fils. Le premier constat qu’elle fit est que Jeremy avait des problèmes, il avait beau vouloir la persuader du contraire elle le connaissait mieux que lui-même. Elle commençait à trembler, la mère était stressée et apeurée, c’était un sentiment horrible que de ne pouvoir savoir ce qu’il vivait, de ne pas pouvoir être là pour le protéger, le rassurer. Comme souvent en lisant ses lettres elle porta une main à sa bouche et ne pu empêcher quelques larmes de couler. Ce n’était pas son genre de se lâcher comme ça mais l’inquiétude était trop grande, elle se sentait mélancolique. Néanmoins le souvenir de leurs été réussit à la faire rigoler, à faire rayonner pendant quelques instants son doux visage tiraillé par des sentiments contraires. Elle relu la lettre encore et encore, cherchant un sens, à comprendre, à récolter quelques indices qui lui en diraient plus sur la situation de son enfant.

Maryline resta figée ainsi pendant un très long moment, perdu dans ses pensées. Elle se devait de faire confiance à Jeremy, c’était un garçon intelligent qui ne pouvait qu’éveiller la sympathie autour de lui, il s’en sortirait. Du moins c’est ce qu’elle se dit pour essayer de se rassurer. Sa main droite vint sécher ses pommettes encore humides et se mit à écrire une lettre de réponse, la chouette hululant pour la sommer de se dépêcher.

Alors qu’elle avait déjà écrit quelques lignes un fort tambourinement sur la porte se fit entendre, ce qui fit sursauter la mère. La personne ne cessait de toquer avec vigueur, Maryline se dirigea doucement vers la porte, craintive, et ouvrit. Elle se détendit en constatant que ce n’était que Jean, une connaissance qu’elle croisait souvent au marché avant l’occupation allemande, ils se voyaient de temps à autres pour se rendre des services et discuter. Mais ce dernier avait un regard fou, son visage exprimait une peur incommensurable et sans attendre un quelconque salut il se lança, parlant vite.

- Maryline ils nous ont trouvé, ils sont au courant que nous sommes juif, tu dois nous aider, laisse nous nous planquer ! Je t’en supplie !

La pauvre mère fut prit de cours, la détresse de cet homme la touchait énormément. Son premier réflexe fut d’ouvrir la porte en grand avant de finalement se raviser, non sans se sentir honteuse. Tout son être lui disait de l’aider mais elle ne pouvait se permettre de faire quelque chose d’aussi risqué, Jeremy était la priorité, elle ne pouvait prendre aucun risque qui empêcherait leur retrouvaille. C’est avec des yeux rouges et une voix tremblotante qu’elle répondit à Jean.

- Je.. Je suis désolé, je ne…

C’est alors qu’elle vit une petite silhouette enfantine, qu’elle n’avait alors pas remarqué, se manifester, elle était jusqu’à présent derrière son père. La petite semblait avoir encore plus peur que son paternel, ce qui n’était pas un mince exploit, serrant contre elle son doudou comme un bouclier de fortune. Cette scène était de trop pour la mère du Serdaigle, elle ne pouvait pas les laisser là à attendre leur mort. Tout en reprenant un visage plus neutre, elle laissa cette fois ci la porte ouverte en grand, faisant signe au duo de se dépêcher.

- Allez Jean venez.

Ce dernier remercia chaleureusement Maryline, portant sa fille jusqu’à l’intérieur de la maison, enfin rassuré de pouvoir avoir une quelconque chance de survie. Leur sauveuse regarda à droite et à gauche pour être sûr qu’aucun témoin ne les avaient vu et referma vite la porte. En faisant cela elle murmura pour elle même.

- Pardon Jeremy..
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Message par Jeremy Lienard le Mer 2 Mai - 22:30

Le Serdaigle était enfin arrivé à destination. il avait reconnu sans aucun mal la gare de Strasbourg. Un sourire emplit de joie et de nostalgie se dessina doucement sur son visage. Après un bon bol d'air frais, il posa pied à terre. Jeremy était officiellement de retour chez lui. Le français regarda autour de lui la société moldue reprendre vie. Ce monde lui paraissait presque étrange maintenant qu’il s'était habitué à celui des sorciers. Il resta un petit instant sur le quai puis se décida à sortir de la gare. Il avait grande envie de constater l'état de la ville, maintenant que la guerre était derrière elle. Deux différences se démarquaient particulièrement : La première était les nombreuses ruines qui se trouvaient dans la ville. Certaines étaent déjà là à son départ, bien sûr, mais leur nombre avait considérablement augmenté. La deuxième chose, bien plus agréable, était l’absence de soldats allemands. L'air semblait plus pur, et donnait envie de respirer à plein poumons. Tout semblait plus vivant et joyeux que les années précédentes. L'espoir avait refait surface.

C’est ainsi que sac sur le dos il s’était décidé à faire le chemin à pied jusque sa maison, ça ferait une bonne marche mais il ne résistait pas à l’envie de redécouvrir un peu sa ville avant de rentrer chez lui. Tout était resté pareil tout en étant changé en même temps, il découvrait autant qu’il redécouvrait, sans perdre son sourire un seul instant durant son périple, il était à ce moment heureux. Très vite il décida qu’il était temps d’aller serrer dans ses bras la source de ce bonheur : sa mère. L’alsacien accéléra le pas jusqu’à finalement sprinter, il ne pouvait plus attendre. Il courra à toute vitesse, donnant tout ce qu’il avait, pendant un long moment, jusqu’à enfin arriver là où il avait rêvé d’être depuis trois ans et demi : sa maison.

Il s’arrêta à quelques dizaines de mètres, heureux de voir que son chez-lui n’avait subi aucun dommage important, et reprit sa marche surant laquelle il se demanda si sa mère était là. C’était impossible que non de toute façon, même si elle n’avait pas eu le temps de lui répondre elle était forcément au courant qu’il revenait cet hiver. Après une longue expiration il toqua à la porte, des frissons lui hérissant tous les poils, au bord des larmes, prêt à pleurer ses retrouvailles dans les bras de sa mère. Mais alors qu’il s’apprêtait à embrasser la personne qui ouvrait la porte il se stoppa net. Ce n’était pas Maryline, sa mère, mais un homme dans la quarantaine qui avait la mine grave. Il fronça les sourcils, méfiant, et saisit discrètement sa baguette.

- Où est ma mère ? Qui êtes-vous ? Vous faites quoi chez moi ?

Quand il entendit ces mots l’homme vit ses yeux s’embuer et porta une main à sa bouche, comprenant exactement qui il avait en face de lui, il n’eut pas besoin de connaître le visage du jeune adolescent pour comprendre.

- Je suis Jean, un ami. Et concernant ta maman je suis désolé mon garçon… elle est..

L’homme en face du bleu n’arrivait pas à sortir le mot fatal mais cela suffit amplement pour que Jeremy comprenne où il essayait d’en venir. Il scruta le dénommé Jean un long moment avant de le saisir par le col de sa veste et de le jeter sur une chaise à l’intérieur, refermant la porte. Le Serdaigle avait du mal à croire l’inconnu et commençait à sentir une certaine rage s’emparer de lui au fur et à mesure qu’il paniquait. Il verrouilla la porte et inspecta toute la maison dans ses moindres détails, sans rien trouver, ce qui ne l’aida pas à se calmer. Il finit par revenir vers l’inconnu.

- Parle.

Par cette simple invective il l’invita à donner plus de détails. Ce que son interlocuteur fit, nullement effrayé, surtout peiné, il répondit avec beaucoup de tristesse dans la voix.

- Bien. Suite à la prise de Paris et aux incidents étranges qui semblent se passer en Allemagne les nazis ont déserté les dernières zones encore sous leur contrôle, pillant et tuant à loisir avant leur départ. Malheureusement nous n’avons rien pu faire pour elle..

Jean commença à lâcher quelques sanglots, il était visiblement épuisé mais il arriva tout de même à se maîtriser un peu pour continuer à parler.

- .. Je suis désolé on est beaucoup à lui devoir tant et nous n’avons rien fait, je n’ai rien fais.. Sans elle, moi et surtout ma fille ne serions plus de ce monde.

Le Serdaigle secoua la tête qu’il prit entre ses mains, n’arrivant pas à y croire, il s’empêchait même de le faire, il n’avait pas le droit de penser à sa mère morte, il s’y était toujours refusé.

- Non, non, non, non.. Où est-elle ?

Complètement paniqué il regardait partout, même dans les tiroirs, les armoires alors que cela n’avait aucun sens, il commençait à se laisser envahir par le stresse. Il observa son compatriote avec des yeux exorbités, attendant une réponse claire. Le quarantenaire lui répondit en pointant un doigt tremblant en direction de l’arrière de la maison.

- Dans le jardin, nous l’avons enterrés là.. Il y avait beaucoup de personnes qui lui ont rendu hommage tu sais..

Jeremy s’était précipité à la fenêtre de la cuisine pour regarder dans le jardin sans prendre la peine d’écouter la suite. Ce qu’il vit fut un premier choc, une croix de fortune se trouvait planté dans le sol, près d’un amas de terre. Il devint complètement rouge. Il commençait à réaliser sans toujours y croire. Il sortit de la pièce qu’il quitta deux minutes avant de revenir avec une pelle, il parla à Jean, sans le regarder.

- Sortez d’ici et revenez demain.

En comprenant ce que voulait faire le jeune adolescent l’homme baissa la tête et acquiesça en silence avant de rapidement sortir de la maison. Une fois seul le bleu se précipita jusqu’à la tombe. La seule information qui s’y trouvait était une petite inscription : « Maryline Lienard, 1907-1945 ». Il ignora l’écrit et se mit à creuser la terre pendant de nombreuses minutes. Il s’activait un peu plus à chaque coup donné. Au bout d’un certain temps il tomba sur un cercueil en bois, il jeta sa pelle et dégagea complètement le couvercle encore recouvert de terre de ses mains. Il était maintenant hésitant, il était obligé de la voir de ses propres yeux mais il ne voulait pas faire face à cette vérité, ça lui était pour l’instant impossible que toute sa vie, tout ses rêves, tout ses espoirs ne soit réduis qu’à la bière qui se trouvait devant ses yeux. Son corps était en nage, il avait des nausées, son cœur battait si fort qu’il avait l’impression qu’il tentait de s’extirper de sa poitrine. Mais il devait se lancer, en avoir le coeur net, alors il avança une main tremblante et ouvrit le cercueil qui lui délivra l’évidence qu’il était venu constaté : il n’avait plus rien.

Le Serdaigle se mit à genou, se replia sur lui-même puis sanglota et lâcha des cris de désespoir. Le jeune adolescent détourna même le regard devant la violence de l’image qui ne lui était pas supportable. Jamais dans sa vie Jeremy ne s’était senti aussi seul et vulnérable, tout ce qui faisait son essence, ce qui le composait venait de lui être enlevé. Plus que ça c’était sa raison de vivre, chaque matin il s’était réveillé avec l’objectif de leur retrouvaille en tête, tout ce qu’il avait fait était dans cette optique. C’était un mélange étrange qui bouillait en lui : frustration, déni, mélancolie, colère, désespoir, peur, tout ces sentiments ne formaient qu’une seule et même émotion qui le rongeait de l’intérieur. Il resta ensuite un long moment, sans savoir combien de temps exactement, à se vider de sa douleur persistante, de ses larmes avant de finalement oser porter ses yeux sur le cadavre de celle qui était sa mère. Même ses pires cauchemars ne pouvaient atteindre une telle horreur, il regarda l’intérieur du cercueil sans rien dire, le visage figé, le regard vide, n’arrivant plus à bouger ou à exprimer le moindre sentiment. Cette scène dura de longues heures pendant laquelle il ne bougea pas un seul instant, il était complètement absent et c’est seulement une forte pluie qui le sortit de sa léthargie. A ce moment là il se mit à rigoler, un rire qui faisait froid dans le dos, celui d’une personne folle, qui perdait la raison.

- C’est pas vrai. Mais oui je sais !


Son insanité fit naître en lui une sorte d’espoir morbide. Sur l’image de sa génitrice décédée vint se superposer celle de l’épouvantard auquel il avait dû faire face pendant un cours du professeur Brigham, c’était bien trop ressemblant pour être une coïncidence, en plus ces créatures adoraient ce genre d’endroits. Il lâcha un sourire inquiétant, il n’allait en faire qu’une bouchée. Une fois sa baguette pointée vers la source de son malheur il imagina la personne en face de lui dans une tenue ridicule, cette fois il y arriverait.

- Riddikulus !


Le premier essai fut un échec mais ce n’est pas pour autant que le garçon céda, il réitéra son opération encore et encore, prononçant le sort avec la même force. Mais il finit par la perdre au bout d’un moment, à chaque raté son sourire s’effaçait un peu plus. Ses dernières tentatives n’étaient que plus que soufflées, sans plus aucune conviction.

- Riddikulus.. Riddikulus… Alors c’est toi maman ? Vraiment ?


Cette fois il commençait à comprendre, à réaliser que ce qu’il voyait était vrai. Il se précipita sur le corps de sa mère qu’il prit dans ses bras, se blottissant contre, lui parlant à voix basse.

- Je suis rentré.. Je vais bien.. Pardon.

Après avoir dit cela il repartit dans des pleurs, silencieux, serrant le corps de Maryline de toute ses forces jusqu’à se calmer, n’aillant plus assez de larmes pour continuer. Cela ne l’empêcha pas de rester solidement accroché au cadavre et de rester dans cette position pour le reste de la nuit. Il n’était plus qu’un enfant perdu qui se cramponnait à tout ce qui avait jamais pu l’apaiser et le rassurer. C’est seulement quand le soleil se leva que le Serdaigle réussit enfin à sortir de son traumatisme, ou en tout cas de la folie qui l’habitait. Il se releva et observa une dernière fois le corps sans vie, il avait toujours le même poids sur le coeur que la veille, simplement il était bien trop épuisé et vidé pour l’exprimer. Sa seule réaction physique fut de succomber à des nausées qu’il alla évacuer plus loin. Après un soupir, et en silence, il alla chercher la pelle, vacillant à cause de la fatigue, et entreprit de reboucher la tombe. Il referma le couvercle et se hâta de le recouvrir à nouveau de terre, s’appliquant religieusement. Une fois fini il planta la pelle dans le sol et se mit à genou, rendant un hommage plus classique à sa mère. Il priait. Il n’était pas spécialement croyant mais à cet instant précis il avait besoin d’y croire, de toute façon il le faisait aussi en respect pour la foi de celle qui l’avait mise au monde. Suite à son témoignage spirituel le français alla rapidement chercher sa Bible dont il lu certains passages qu’elle aimait tant lui lire quand il était bien plus jeune. Il le faisait certes pour sa maman mais il cherchait surtout dans ces écrits quelque chose qui pourrait la rassurait, comme si ces mots pouvaient être les siens. Ce qui ne fut évidemment pas le cas.

Ses sentiments n’étaient que détresse et tristesse, sa tête elle était vidée, son visage n’exprimait rien de particulier, il savait qu’il avait fini, il devait maintenant la laisser reposer en paix. Après un ultime regard à l’endroit où reposait sa mère et un petit geste de la main il alla se rendre à l’intérieur de la maison, prenant à la volée une feuille et de quoi écrire. Le strasbourgeois avait beau être perdu une chose demeurait limpide dans son esprit : il ne reviendrait plus ici, pas pour y vivre en tout cas. C’est avec cette certitude en tête qu’il se mit à gratter, il avait trouvait le moyen parfait de rendre un ultime hommage à Maryline Lienard.

« Jean, je vais quitter la maison. Donnez la à ceux qui n’ont plus de toit, ma seule prérogative étant qu’elle soit bien entretenue, le jardin et la tombe de ma mère également. Je ne sais pas si je reviendrai, peut être, prévenez simplement les futures habitant que je peux arriver à tout moment. »

Le bleu regarda le résultat, le message était clair ,c’était plus que suffisant. Il saisit ensuite son sac enchanté et fit le tour de sa demeure, emportant divers objets qui lui rappelleraient sa mère et les souvenirs qui allaient avec, toutes les photos notamment. Après avoir débarrasser la maison de tout objets intimes Jeremy saisit un double des clefs qu’il rangea. Ses yeux balayèrent une dernière fois ce qui représentait toute son enfance, sa vie et partit de là, il n’avait plus rien à faire ici.
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