La tour d'astronomie

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La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:01

Point culminant de Poudlard, la tour d'astronomie s'élançait vers les cieux, permettant aux adeptes d'astronomie de se rapprocher de leur sujet d'étude favoris.
Ce lieu faisait incontestablement partie des plus belles de Poudlard de par le panorama qu'elle offrait, permettant de prendre mesure du gigantesque domaine de Poudlard, offrant à tout à chacun une vue implacable sur l'imposant pont couvert, le majestueux lac noir, l'implacable saule cogneur ou même la terrifiante forêt interdite et même certains diront d'une partie du village magique de prêt au lard. Afin de sublimer cette vue la tour était cerné de verre, offrant une vision panoramique proche de 360 degrés si l'on omettait les quelques murs porteurs, facilement contournables grâce au balcon extérieur qui ceinturait cette tour couronnée d'une barrière arrivant à hauteur de torse empêchant les accidents si le temps venait à se montrer capricieux.

A tout à chacun diverses cartes des astres étaient disponibles accrochées de part et d'autre des murs ainsi que sur l'imposant toit tournant se fermant en coupole de la tour. Une petite reproduction du système solaire siégeait au milieu de la tour, toute de cuivre et de fer, accompagnée non loin du gigantesque télescope qui fendait le toit de cette tours pour atteindre des horizons bien lointains.  
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:02

Au sommet de la tour d'Astronomie, Dorothée reposait, assis sur les froides dalles alors que le vent du soir battait son corps et les environs. Malgré cette froideur, il se sentait bien. Il était tout seul ici, éloigné de tout, de l'assaut qui se passait dehors et des conflits du monde extérieurs. Seul quelques oiseaux chantaient alors qu'au loin quelques maigres explosions de lumière étaient visibles. Mais ça n'avait aucune importance, elles étaient si faible par rapport à la magnificence des étoiles qui illuminait en ce jour son terrier.
Il était content de lui, il avait bien travaillé. Il avait entretenus ce club, dont il n'était normalement plus responsable mais qui prenait garde à ce genre de détail, et il avait fournie des potions aux habitants de Poudlard. Peu certes, les moyens restant limités, mais assez pour peut être sauvé quelques vies. Et si ce n'était pas le cas quelle importance après tout. Il n'était qu'un artisan et un passeur, transmettant son savoir et sa technique. N'importe qui gagnerait il fera la même chose, son père était plutôt d'accord avec cette vision des choses... à quelques détails prêt. Un petit rire viendra l'agiter alors que son regard tombera sur mars, une drôle de planète celle là, on disait qu'elle brillait lorsque la guère venait, ce genre de prédictions sans aucun sens n'intéressait que peu Dorothée qui n'avait qu'une fois limitée en la divination, mais il fallait avouer que le contexte actuel se plaisait bien à l'apparition de cette petite planète rougeoyante.
Il pourrait même en se moment même tenter de se battre, défendre ses idéaux, mais il n'en fera rien. Et il ne ressentait aucun remord, aucun regret, il était même plutôt content. Sans se presser il sortira dehors avant de s'appuyer sur une balustrade, contemplant alternativement le vide sous ses pieds et la voute céleste, laissant derrière lui une flasque reposer, vide.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Sam 16 Fév 2019 - 17:03

Quel est ce son sibyllin traçant sa route et son chemin jusqu'aux oreilles du sang-pur ? Qui est à l'origine de cette merveille ? Combien de temps s'est-elle entraînée pour s'égosiller avec une t'elle légèreté qu'une plume la jalouserait ? Qu'elle créature arrive à faire fleurir une once d'émotion dans le plus solide et rocheux coeur ? 

Ses lèvres plissées gracieusement pour laisser un chant angélique s'émouvoir dans l'air, la mélodie se perpétue dans les environs, sans que nulle parole ne festoie dans le refrain. Un sifflement de rossignol, un appel singulier et berceur, un calmant, une drogue... Tara elle-même ne peut décrire cet acte qu'elle est en ce moment en train d'élaborer, l'élan dans lequel elle fût poussée lui avait volé sa raison, pour que seules ses notes effilochées ne prennent le dessus. Sa tignasse d'un blond renversant nageait entre les rayons bleutés que la déesse de la nuit offrait en guise d'offrande. Son teint, bien que blafard, émanait un sentiment de gaieté presque indomptable. Sa robe, d'un blanc immaculé, se balançait comme un vulgaire drapeau dans le ciel, et pourtant il n'en demeurait pas moins charmant. Un regard inquisiteur grattait presque chaque particule s'immisçant dans ses iris lagons, et elles finiront bien par trouver l'ancien préfet, planté comme un piquet face à l'horizon. 


-Monsieur Skiss ? 

La poufsouffle n'aura guère le temps de s'émouvoir plus que nécessaire qu'un rictus nostalgique glissera jusqu'à sa bouche pour y élire logis. Sans tergiverser, elle s'avancera jusqu'à lui, le pas confiant.

-Cela faisait longtemps que nous ne nous sommes pas croisés Monsieur Skiss... Comment allez-vous depuis ?
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:05

Alors que Dorothée, perdu dans la contemplation des multiples horizons, autant terrestres que stellaires, une ode à la vie atteindra celui-ci, agrémentant ses observations d'une voile dorée alors que la mélodie distordait la vision de l'environnement qui s'offrait à lui. Puissant psychotrope, il ne chercha pas même à déterminer son origine, l'acceptant pour ce qu'il était et l'incorporant à lui, appréciant la justesse du ton et des sonorités sans même l'évaluer, prenant chacune des notes comme un fragment de verre qui ensembles s'accordaient pour créer un filtre nouveau. Etait ce la froideur de la nuit, la fatigue où la lassitude qui le laissaient si sensible à cette mélodie inédite pour lui, celle de la joie et de la volontiers de vivre de ses comparses humain donc il cherchait pourtant à tant s'isoler, niché dans cette tour n'ayant comme unique vocation de permettre aux curieux astrologues d'effleurer de leurs yeux des contrées à jamais inhabitées et inaccessibles que des esprits fantasques comme les leurs idéalisaient tant.

Au fur et à mesure de la progression de la fille au sifflement enchanté, le son se faisait plus fort, et paradoxalement plus désagréables, la perspective était une bien plus belle promesse que la réalité. L'on pouvait fantasmer autant que l'on souhaitait une idée, mais la réalité nous rattrapait toujours. Ainsi venait une personne, et ce qui devait être qu'un curieux être débordant de vie allait se retrouver être une rencontre, apportant son lot de désarroi et de complication. Ses yeux se retrouvèrent soudain happé par le vide qui s'ouvrait devant lui, il était tout bonnement fascinant. il ne pouvait pas même apercevoir où la chute le mènerait tant la tour se trouvait être haute, et pourtant il ne le craignait nullement. Une certaine curiosité s'imposait même à lui, que se passerait il si il tombait, qu'aurait il après. Un léger soupire avant qu'il ne se retourne, jamais il ne saura et des préoccupation plus terre à terre l'attendaient comme le signalait le sifflé de la princesse au boucle d'or, manifestement perdu dans une des nombreuses tours du château.

Une léger sursaut pénétrera Dorothée quand quelques rais argentées se refléterons sur la cascade dorée encadrant le visage d'une pâleur emplie de pureté de la jeune fille, la face maladive de la lune masquant l'éclatant soleil qui vivait en elle. Elle avait bien grandit, le visage était moins rond mais les formes plus féminines, la timidité habituelle qui l'habitait semblait s'être évanouie de son corps, laissant derrière elle une maturité toute nouvelle, fruit des horreurs du monde. Tout le monde changeait...
Lui aussi par ailleurs, son teint s'était fait plus émacié, comme un triste écho de celui de son interlocutrice, mais là où brillait la vie dans les lagons océans du regard de la windslaw seul une douce résignation flottait dans le gris métallique de l'iris de Dorothée, accompagnant son sourire flottant comme un énième masque mal adapté à son visage, mais pendant avec un naturel déconcertant, une contradiction des plus déroutante. Son visage respirait toujours ce soin que seul lui pouvait être en mesure de porter, pas un indélicat reliquat de barbe ne parsemait son menton et les rares mèches décoiffées sous la lourde laque n'étaient dut qu'au vent violent des lieux. Ses habits étaient portés avec toujours autant de précision, mais commençaient à subir les ravages du temps, perdant imperceptiblement en coloration dans un triste parallèle avec son teint. Seul élément immuable, la lourde chevalière d'argent pesant lourdement sur son auriculaire gauche, portant un précieux saphir dont les rayons lunaires s'amusaient à faire briller.

Quand sa bouche s'entrouvera, ce fut uniquement pour offrir à sa partenaire du soir quelques mots emprunts d'une sérénité rare :


- Tarah, je suis content de te voir. Je me porte pour le mieux et toi ?

Des paroles presque chaleureuses et qui s’échappaient avec spontanéité, sans calculs ni arrière pensées. Aujourd'hui il en avait envie et ces douces paroles s’échappèrent de ses lèvres accompagnées d'une odeure sucrée de figue.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Sam 16 Fév 2019 - 17:06

Humant ce sentiment et sensation de néant s'installant aux creux des espaces déserts de la tour, la dite Tara franchira enfin la barrière entre sa position précédente et celle du garçon. À cette hauteur, il pouvait entrevoir les contours brumeux et sinistre que traçaient ses manifestations de bonheur sur son minois noyé sous le sépulcre nocturne. Ses iris envoûtantes, pourtant si perçantes, étaient ternies par une ombre délicieuse qui avait eu le culot de s'installer sur le front de la gamine, étendant son épidémie jusqu'aux pommettes de l'Américaine. Son apparat semblable à la fine poudreuse nappant les tours d'ivoires s'était immobilisé, comme si ils venaient de se fossiliser, se geler sous les rafales torrentielles et dantesques que déferlait le vent du Nord sur la tour. Il était puissant, il s'ennuyait et souhaitait s'amuser avec les rares intrus sur son passage, pourquoi pas désorienter les sens déjà bien entachés des deux individus qui avaient eu l'audace de gravir les échelons éprouvants et hasardeux constituant les marches de la tour d'Astronomie. C'est bien étrange, cette impression de déjà vue, de s'être perdue dans les bras du destin pour que celui-ci la porte, inconsciente, jusqu'aux pieds de cette élévation de pierres. Comme-ci tout comme le vent celui-ci se cherchait une activité, un divertissement pouvait tuer quelques heures qu'il allait devoir passer en compagnie de banalités du quotidien. Alors, arpentant les couloirs du château à la recherche d'un pantin prêt pour une mini aventure truffée de dialogues et monologues intérieurs, il s'était jeté sur la jeune fille pour lui faire arrêter son passe-temps et ainsi la diriger vers le ciel ouvert, vers la nuit sanglante et fraîche. Lâchant son ami aux parois lisses et âpres, elle l'avait caché dans son tiroir secret, tout comme son expression qui accompagnait cette précédente soirée, ces heures passées cachées dans son dortoir inhabité. Elle avait pourtant prit le soin de protéger ses bras du froid, des regards, des questions, des peurs. C'est sans doute ce qui expliquait pourquoi ces fameux membres aussi raides qu'un bâton étaient chaudement vêtus. 

Ce fameux égard musical que venait de produire Tara, il dégageait un troublant et obnubilant écho, cristallin, dangereux. Pourquoi était-il là ? Ne pouvait-il tout simplement pas s'évanouir comme un vulgaire déchet dans les méandres abruptes du mutisme ? Se dissiper comme une simple ombre dans la foule, une simple personne constituant le décor, un simple insecte qu'on éradique du passage que l'on décide d'engager. Ce son farfelu était présent dans les oreilles de Dorothée par inadvertance, mais concernant celles de la gamine aucun doute ne pouvait subsister. Aucune hésitation ne pouvait s'envoler, néanmoins un choix sur ces différentes propositions devait être effectué. Cette clarté vocale était-elle ici pour réveiller les oreilles trop souvent endormie de Tara dû au manque de stimulation - au manque de contact sensoriel -, ou tout simplement pour montrer sa présence, montrer qu'elle est là, qu'elle n'est pas qu'un mirage, pour que les passants tournent ne serait-ce qu'un coup d'oeil vers elle pour lui certifier qu'elle coulait bien sur cet espace temps, que ses membres fragilisés volontairement étaient bien matériels. 

Elle avait bien changé la petite Windslaw, ils avaient tous changé. Elle, Dorothée, Eadlyn, Effemy, Harmony... Ils avaient tous chuté dans une boucle infernale de renouveau. Les personnes promouvant ces miracles de la nature criaient sur tout les toits qu'il fallait avancer avec son temps, que la terre tournait, que les habitudes se rouillaient pour se bloquer jusqu'à ce qu'on les change, qu'on les remplace par un meilleur mécanisme. Saloperie. Ils auront au moins eu le mérite de gagner le combat du côté de Tara, celle-ci supportant tout son karma à bout de bras, sans jamais voir sonner son glas. Beaucoup avait trébuché durant cette quête d'acceptation du changement, la plupart sont sortie du combat macabre mutilé à vie, d'autres n'ont même pas réussi à franchir derechef les portes de la victoire ou de l'échappatoire. De nombreux combattants sont à citer, ceux-ci sont gravés sur les stèles emmurées dans les consciences de leurs rares connaissances. Mais les cas les plus importants et déplorables à expliquer ne sont n'y physique, ni visuel, mais psychique. Ceux se recouvrant d'un plaisir sadique pour mieux cacher leurs cicatrices, qu'elles soient morales ou apercevables. Un sévisse s'affligeant à soi-même pour éviter de tomber dans les griffes de la folie, alors que celle-ci a déjà réussi à posséder notre coeur. Continuant aveuglement ce rituel malsain, ces survivants de la lèpre temporelle se plaisent dans ce vice rongeant leurs espoirs de guérison comme leur santé nécrosée. 

Lorsque la jeune Américaine posera ses deux mains frileuses sur la rambarde gelée, un frisson courira sur l'ensemble de son corps, comme un électrochoc. Les halos laiteux peignant et marquant les contours du visage de la poufsouffle grâce à de subtils traces pastelles.


-Je vais très bien Monsieur Skiss. 

Crispant ses paupières pour entrevoir avec une once de discrétion l'apparence de l'ancien Serdaigle, la jeune Windslaw finira par scruter un long moment sa chevalière, dernier symbole de sa richesse, excepté sa posture et cet élément minime de son costume, rien ne laisser délivrer comme information que le jeune homme était fort aisé, lui qui pourtant auparavant reflétait l'essence même de l'avarice. La blaireau finira par pivoter de nouveau ses iris océans tintées de vert pour se repaître du spectacle se déroulant à Pré-Au-Lard.

-Que faîtes-vous désormais ? Puisque le ministère n'est plus.

Calcinée dans le vent, sa robe se figera également à la manière de l'habit de l'ancien préfet. L'asmosphère et l'ère n'avait plus aucun effet sur eux, comme-ci ceux-ci brisaient la matière, se bloquant dans un plan de l'espace inconnu, la consistance était effilochée et... Cassée.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:09

La guerre n’avait nul égard pour les populations qu’elle pourfendait, et le cours mouvementé de toutes vie devenait un raz de marée quand le violent orage de la guerre l’alimentait de ses cataclysmiques précipitations. Alors qu’en était-il pour les eaux figées de l’avenir de Dorothée, la plaine sans relief ni aspérité était maintenant boursoufflée et crevassée, les cours si droites s’étaient effilochées en milliards de ruissèlement passant par de putrides marrais, des régions désertiques et achevant leurs courses dans les profondeurs de la terre, gonflant les eaux du Styx. Mais à chaque embranchement Dorothée filait droit, contemplant avec stupeur les myriades de vies qui s’offraient avec lui en filant droit, suivant la trace cabossée de ce qui fut jadis un majestueux fleuves où bercé par l’acédie Dorothée se laissait porter sans aucune résistance au gré des courant. Trop longtemps plongé dans se pécher, Dorothée se retrouvait incapable de se construire et ainsi était-il réduit à l’immobilisme dans ce monde en constante évolution.

Tout dans son comportement reflétait sa faute, sa robe noire grisonnait mais était porté avec le même respect maladif des conventions créant un décalage foudroyant entre ce que l’homme devait être et ce que le temps l’avait forcé à devenir. Même le vent ne semblait pas vouloir perturber cette abomination temporelle alors qu’il caressait sans violence les pants de l’accoutrement du jeune homme. Son visage en revanche catalysait tous ses malheurs, l’inquiétude et la peur le rongeait, creusant ses joues et n’offrant que de la pâleur à ceux qui le regardaient en face, mais pour autant il restait légèrement poudré alors que ses yeux arborant la lourde trace de la frappe du temps était éclairé par les fonds d’anti rides appliqué avec parcimonie par le si maniéré aristocrate.

Pourtant malgré la profusion évidente de signe démontrant son dépérissement moral comme physique, ce sourire étrange et peu à propos subsistait, porté par nul ne savait quel espoir fou. Les yeux étaient pourtant fatigués mais avec l’arrivé d’une interlocutrice si attentive un manque s’était ravivé, et même s’il ne pouvait le ressentir les envies restaient.

En haut d’une tour, accompagné de la complicité du disque lunaire découpant leur silhouette, c’était leur endroi préféré. Elle était blonde aussi. Mais elle parlait différemment, elle été aussi un peu plus menue non ? Il ne pouvait s’en souvenir exactement, il n’existait aucune photographie d’eux. Pourtant un étrange écho subsistait, une réminiscence fortuite provoqué par de simples suggestions sans rapports évidents, une vue de l’esprit qui aurait put vite le consumer si l’inhibition n’était pas présente, quelques gouttes de bonheur pour une paix qu’il savourait.

Mais la Windslaw le ramena vite au présent, sans ménagement, une question peut être ampli d’une curiosité malsaine, peut être même d’une sorte de revanche lui qui l’avait privé de bien des libertés par le passé. Mais ces pensées ne le firent pas même tressaillir et c’est sans fard qu’il répondra, s’éventrant à la faveur de la nuit :

- J’attends que le temps passe. Je créé des potions pour Poudlard et j’attends.

Il attendait, sans rien attendre. Se laissant transporter par cet océan sans fin comme un long chemin de croix, une marche le condamnant à la perpétué, aucune borne ne marquerait son arrivé sinon l’incapacité de poursuivre son voyage et que son corps rejoindra les autres. Il était une âme déambulant parmi d’autres âme refusant leur statue de mort en sursit, n’agissant que par automatisme suivant une voie archaïque lui assurant un simulacre de vie dans cet univers.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Sam 16 Fév 2019 - 17:11

Effectivement, la guerre explosait avec une brillante performance les espoirs et l'avenir des petites gentes qui marchaient dans son sillage par hasard, comme une prophétie assignée à chaque être vivant faisant parti de la liste des touchés par les batailles. Ce destin déjà écrit sur les pages du recueil rassemblant chaque vie existante. Certaines encres gravant ces prémonitions sont bordées sur un or sublime et salvateur, tandis que d'autres sombrent dans un noir goudron vulgaire et pathétique. Auparavant ce liquide opaque et fort, aux émanations lucides, était fait d'un jaune clairvoyant immaculé, aux multiples vagues parsemées d'éclatantes nuances canaris. Mais, lorsque la peste destructrice et les ravages de la stupidités magique avaient sévit sur la populace, ces écriteaux aux panels de couleurs pastels avaient radicalement changé. Chutant dans un sombre colorie ampli de mélodrame, symbolisant la tragique descente au enfer des humains, les phrases du futur effilochées sur le manuscrit de la lumière, de la création, avaient maintenant et pour toujours chaviré dans la mélancolie. Singulièrement, Dorothée se trouvait dans cette case arrangée par le hasard et l'espèce humaine. Cela ne serait guère étonnant, puisque la majorité des élèves et étudiants courant dans les allées désertes de ce château d'écosse se font aspirer dans cette spirale de dépression et déception, dégoût de la vie. 

Alors quand bien même la terreur instaurée par les vermines immortels était omniprésente et proche, qu'elle faisait gravir moultes frissons dans le dos des spectateurs et acteurs de cette comédie macabre, pour l'ancien Serdaigle cela n'était que le cadet de ses soucis. Il était même inexistant, il pouvait saisir le garçon par les cheveux pour lui hurler d'indénombrables menaces, lui planquer une lame rouillée sous la jugulaire pour faire pâlir sa témérité, elle pouvait même lui passer un carcan autour du cou ou lui organiser un rendez-vous avec la Grande Faucheuse qu'il ne sourcillerait point. La vérité, s'était qu'il avait déjà perdu sa bataille, son combat, son duel, sa joute. Il avait courbé l'échine face à la défaite et avait accepté la panoplie de jours à écumer que la déprime lui confiait. Il se rassurait comme il pouvait, il s'intimait qu'il ne n'arrivait pas à creuser un nouveau canal et fleuve tranquille en guise d'avenir, mais la réalité et tout autre et est bien plus angoissante que les impressions qui lui sont crachées. 

Résignation. État résultant d'un événement complexe et bouleversant trompant les projets des individus touchés pour les malaxer sans que les personnes concernées ne s'interposent dans ce changement. Il accepte sans grogner son karma, son fléau, il le dévore comme une bête enragée qui se délecte de ce poison, de cet arsenic qu'on lui sert goulûment. Aucune réticences, aucun refus, donc aucune raison de changer ce menu copieusement servi. À chaque gorgée il s'étouffe, s'épuise les bronches, se calcine sa bouche, mais il ne fait rien pour casser ce cycle sans fin et tournant en rond comme la Terre tourne autour de la sphère jaunâtre nous nourrissant de lumière et nous servant de lampadaire. Et après toute cette torture culinaire il ne souhaitait qu'une seule chose - bien que naturelle - ; s'alcooliser avec de doux souvenirs aux goût et aux saveurs épicées, mélangées à un zeste de joie. Alors, entre ces bouchées de présent bien amère, il s'autorise une douceur du passé. S'agglutinant sous le porche de ses visions et morceaux détachés de mémoires, le sang-pur se retire promptement et élégamment de la tour, son corps est toujours accoudé aux rambardes sécuritaires de l'élévation d'Astronomie, mais son esprit et son corps astral accompagné de sa conscience voguent vers de nouveaux horizons. Son sourire, son rire grinçant un écho sur les parois mémorielles du bleu, son visage, sa joie, elle est passait. Elle n'est plus. Disparue. S'accrocher à de telles mirages n'est guère mélioratif pour son mental déjà gravement tabassé, mais il fait comme à son habitude. Il ferme les yeux.  

Tara, elle, n'a pas eu besoin de chimères pour s'abreuver de la triste vérité et du monde qui l'entoure sans risquer de tomber, puisque le mal était déjà fait. Rompant ses règles d'innocences et de joie qu'elle s'était infligée, la Poufsouffle avait contraint son coeur à s'accoutumer aux normalité et à la société. Elle avait enduré le gracieux supplice du passage à l'enfance pour directement s'aventurer sur le seuil de l'âge adulte. Pas un seul arrêt sur l'adolescence, dans cet environnement oppressant un prélassement de la sorte ne pouvait pas être autorisé, au risque de rester coincer dans cette partielle de croissance pour l'éternité, psychologiquement. Coupant à la racine son mal - selon la société moderne -, l'Américaine avait brûlé sa pureté d'âme pour la remplacer par une banalité, une amertume sans nom, un triste esprit semblable à celui des autres, la peur l'avait détruite. Pourtant, dans la houle de ses ressentis, un résidu de contentement naviguait encore, et comme un bon nombre d'habitants de Poudlard, elle s'était façonnée le moulage d'un faciès d'apparence normale, se contentant simplement de sourire bêtement sans qu'une once de véritable plénitude ne se manifeste dans la caboche de sa propriétaire.

Crépitant ses pupilles sur la nuée d'artifices s'étendant sur les murs des montagnes, la jeune Windslaw penchera sa tête sur le vide s'effritant sous ses semelles claires, avant de se concentrer sur l'Aude à la magie qui s'émerveillait au loin. 


-Qu'est-ce qui se passe là-bas vous pensez ? 

Bien évidemment la précédente réponse du jeune homme ne fût pas occultée, néanmoins elle n'y accordera qu'un simple hochement de tête, ne voyant pas sur quel point elle pouvait rebondir pour perpétuer l'échange oral.
Tara Windslaw
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:11

Le destin était une bien complexe notion, il était si facile de s'y abandonner aveuglément, et c'est avec joie que les âmes en quête de sens s'y plongeait. Niant toute responsabilité personnelle, elles se traçaient une belle route, un enfer pavé d'étranges prémonitions issues de leur cerveau malade. L'acédie paralysait chacune de leur pensée les empêchant d'accéder au monde qui s'étendait au-delà des œillères qu'ils se forgeaient. La fatalité, l'ordre naturel des choses, le destin, tant ces pathétiques excuses invoquées aveuglément pour le plus grand plaisir de ces personnes. Mais pouvait-on vraiment les en blâmer ?

Après tout il n'était qu'une anomalie, une pièce grossière sculpté par le destin, encore lui, ou un dieu peut être, une volonté supérieure, appelez-le comme vous le souhaitez, il restait une abomination, fruit d'une aberration, et si de descendance il était pourvu ce statut la poursuivra implacablement. Combien de péchés avait permis sa naissance, adultère ? Denis de la magie ? tromperie politique ? Stupide précipitation d'une jeunesse ambitieuse ? Un amat de conjecture des plus favorables, pourvoyant aux parques tant de fils à tresser. Avant même sa naissance, il avait été haï, difforme protubérance dans la matrice corrompue d'une mutante. Combien de personnes avaient pu planifier une chute dans les escaliers ou un breuvage amer ? Ces cruels projets avaient-ils un jour dépasser ce simple stade d'idées ? Il en était persuadé mais le fil avait été trop bien noué. Le fin cordon qui l'indiquait avec sa génitrice avait suffi à lui fournir une maigre pitance et c'est seulement accompagné d'une sage-femme et de sa mère qu'il sortira de son antre, sans un sein pour étancher sa soif de vie.

Puis les années s’écoulèrent, il était coutume quand on le croisait dans les sombres couloirs du manoir de détourner le regard devant l’enfant indésiré et indésirable. Un à un les maillons de sa servitude à l’ordre des choses été forgé, si sa naissance était le fruit d’un mal, il lui fallait que sa vie soit dédiée à sa réparation. Dos droit malgré la cravache, regard fixe même devant la peur et tourné vers l’avenir, l’unique avenir, celui que les cruels géniteurs lui imposaient. Lentement son cops même se formait à sa nature, la marionnette prenait des proportions grotesques, masquées par quelques grossiers apparats, un laque, du fond de teint, et l’interprète pouvait tirer les fils. La voix mécanique distribuait alors ses répliques, un triste spectacle qui se répétait inlassablement tant le maître était fier de son œuvre. « Dorothée Skiss, fils aîné de la famille Skiss, du nom de feu Dorothée Skiss, grand conseillé en politique de son état ayant redoré le blason de la famille Skiss. » Voici la marionnette devait supporter et devenir le mort, supporter ce rôle mal taillé pour le bois dégrossi et rongé par les intempéries dont il était issu.

Quand enfin il avait abandonné sa geôle pour pénétrer dans l’école, le chemin de la liberté s’était ouvert à lui. Mais il était déjà brisé, replié contre lui-même, un lourd boulet à la cheville et une corde au cou. Cependant un maigre espoir subsistait, une envie folle de déchirer ses atours de lierre pour enfin renaître loin du sauvage parasitisme de son enfance. Ainsi il pourrait renaître, remplacer l’acre sève du devoir par la bonté qui résidait encore dans quelques rares canaux et forger sa propre écorce, authentique et imparfaite loin du bois polis à l’extrême qu’il affichait. Sa mue avait été longue, de multiples rencontres avaient parsemés sa vie, apportant leurs lots de souffrances et de joies. Le cauchemar avait bien failli le faire sombrer mais il l’avait finalement forgé avec une justesse implacable, déliant lentement certains fils que le destin avait égoïstement réservé pour nouer des connexions, relations d’amitiés et d’amours se liant tout autours de lui. Chacune possédait leur propre luminosité, leur chatoiement propre qui illuminait cette vie, car il était bien de vie dont il était enfin question. Des couleurs s’étaient ajoutées au spectre du jeune homme et lentement les œillères s’évanouissaient.

Mais une victime restait éternellement une victime, ressassant éternellement ses sévices, et jamais Dorothée n’avait put dépasser ses propres peurs dans le court tant qui lui était impartie. La source dans laquelle il puisait s’était tarie, le privant de toute énergie. Lentement, chacune des connexions s’étaient effilochées, parfois des efforts maladroits étaient menés afin de les repriser, mais elles ont toutes cédées, et avide la main du destin s’en était ressaisie pour reprendre sa cynique représentation. Une courbette, deux courbettes, quelques échanges, c’est avec une ardeur renouvelée qu’il travaillera, suivant les impulsions de la main comme si accomplir de bonne grâce la volonté de son maitre allait le libérer de son statut d’esclave. Pathétique… Les efforts étaient vins, un esclave heureux n’était pas chose acceptable. Pris dans un engrenage démentiel, la victime n’avait pas su s’émanciper de sa condition et les autres marionnettes bien mieux taillées que lui ne lui laissèrent plus jamais l’occasion de se représenter.

Enfin n’était-il plus rien, sans espoir et dépouillé du seul avenir qui aurait put magnifier sa condition, il n’agissait plus que sur les faibles inflexions des codes enseignés par ses géniteurs, sa seule échappatoire résidant dans des plaisirs futiles dont il perdait progressivement le goût. Musique, astrologie et traductions s’affadissait au fur des déceptions successives et seul restait LE DEVOIR, pavant sa route et rétrécissant les bornes.

Réaction de fuite, l’artisan avait cherché à employer ses talents pour s’évader, une réponse agréable, mais temporaire fut créée, arrivant en sauveur pour le cataclysme qui ne semblait attendre que lui. La vermine immortelle était venue, balayant d’un revers de main la route, ne laissant plus qu’une vague trace sous ses pieds. Les fils s’effilochaient mais le corps ne savait plus fonctionner au-delà des paternes inculqués par maître destiné, n’offrant plus qu’une difforme danse et de multiples chutes alors qu’il persistait dans son erreur. Et la petite fiole était toujours présente, rendant toujours plus acceptable la fausseté de ton en le privant de volonté critique, alors que son absence l’anéantissait, ne laissant qu’un désarroi trop profond pour permettre une quelconque réflexion.

Heureusement cette seconde phase ne l’agressait pas encore, et c’est son regard se déportant légèrement vers l’horizon, s’éloignant à contre cœur de se visage familier sur lequel il aurait volontiers largué une amarre pour enfin arrêter de dériver, qu’il répondra sans aucune émotion autre qu’un détachement complet :

- Des gens meurent, c’est la guerre.

Une observation des plus terre à terre, emplie autant de bon sens que de cynisme. Le résultat ne l’intéressait pas, il vivrait quoi qu’il en soit, le haut s’amusait bien trop avec lui. Quelque soit l’issus il collaborerait, se laissant emporter au grès des évènements. Quand la main de son père viendra enfin à faillir, il en saisira une nouvelle, l’indépendance n’était plus à sa portée. Quel que soi son appartenance, résistant où immortel, un sens devra être trouvé pour lui, un sens qui ne lui offrira aucun loisir de se questionner aussi bancale soit-il.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Sam 16 Fév 2019 - 17:13

Plus le temps se prolongeait sur la courbe du temps, plus la discussion devenait minime, elle ne subsistait presque plus et ne représentait que dans les souvenirs de Tara un lointain écho, des phrases dans le vents qui comme la brume, sombraient dans l'oubli. Et pourtant, malgré l'omniprésence du mutisme entre les mailles de ces mots liés, la puissance de ces interventions orales n'en demeurait que grandiose. Un coup de massue sur le crâne, un crochet explosant les artères grimpant sur le coeur comme du lierres, un ciseau rompant et séparant les extrémités des veines vitales, tant de joyeusetés éclatant la résistance de la jeune fille avec brio. Des gens meurent, c'est la guerre. Oui, mais pourquoi ? Pourquoi tant d'ineptie font trembler les innocents qui n'ont rien à voir avec ces conflits ? Pourquoi le mal et la cruauté doit s'imbiber dans les prunelles des rejetons ? Pourquoi les femmes et mères doivent-elles rouler après une chute dans un lit de sang ? Pourquoi la mort doit-elle galvaniser les foyers d'autrui ? Seul Merlin le sait, et celui ne lève guère le petit doigt pour faire trembler la vermine et balancer d'un revers de main la déchéance d'où elle provient. 

Cette intervention, elle glacera l'ouïe de la Poufsouffle, empêchant quiconque de lui faire parvenir sa version des faits. Dorothée semblait si indifférent au sort de la populace, élue par la magie. Impassible, il jonchait du regard la plaine tout en effleurant des oreilles les retentissements pessimistes se manifestant au loin, dans le panorama de dystopie. Alambiquée représentation de la cruauté, du plaisir sadique, de la psychopathie peut-être. Renifler avec tant d'impassibilité le malheur et la souffrance des autres, la mégalomanie l'avait peut-être atteint et touché en plein coeur. Comme un cocktail de tares psychiatrique, Il avait eu l'honneur de s'abreuver d'un placébo, plus qu'une boisson, une raison de vivre, un rempart où il pouvait s'accrocher aisément. Combien de temps pouvaient durer les effets, les applications de cet alcool, qui sait s'il était à l'instant présent ou si une autre part de lui livrait à la jeune fille quelques sifflements sans intérêt. 

Impossible de savoir si elle lui parlait réellement ou si son âme et sa conscience s'était évaporée, si elles avaient levé l'encre pour filer à toute vitesse et à l'Anglaise vers de nouvelles contrées plus idylliques. Larguer les amarres, vous voilà parti dans pour une aventure aux milles péripéties, traçant un passage dans l'esprit du pauvre malade, tentant une percée dans le monde coagulant des maladies psychotiques. La destination était pour le moins inconnue, mais déjà le départ était annoncé qu'une tempête de bipolarité était annoncée. Les vagues des changements d'humeurs étaient dantesques, elles avaient presque réussi à faire chavirer le navire de la raison. Néanmoins, alors que les précipitations venaient d'être évitées, un récif de schizophrénie pointait le bout de son nez. Il était imposant, massif, et pourtant il fût ravagé sans cri égard par une houle de dépression. Irréaliste. Il s'étendait jusqu'au littoral de la démence. Un phénomène rare qui pourtant gagnait du terrain au fur et à mesure que l'ère se dégradait. La digue de la paix intérieure et du bon sens s'estompait dans un mirage, alors qu'au contraire le trouble borderline fusionnait avec la coque du bateau. Lentement mais sûrement, l'équipages coulaient dans les abysses abruptes et lunaires, pas un rayon de lumière ne saisissait une opportunité pour s'échappait des méandres ombrageux, et aussitôt l'illusion disparaissait. Mais point d'inquiétude, le jeune Serdaigle n'avait plus qu'à se resservir une gorgé de son nectar chimique, afin d'admirer une résurrection de son havre de paix, remerciant en parallèle cet arsenic. 

Chaque consommation était presque un acte interdit, cependant il récidivait cette manoeuvre qu'on qualifiait d'erreur, comme lui. Une erreur que ses géniteurs n'ont même pas voulu éduquer, celui-ci a du façonner son enfance seul, sans soutien, sans amour, sans raison de continuer pour voir le lendemain. Jouet et instrument de ses parents, ceux-ci n'avaient même pas prit le temps de polir son état ou de prendre soin de lui. Malaxant ce pitoyable pantin leur servant de souffre-douleur, de défouloir, de cobaye peut-être, l'éclat l'entretenant avait fini par se ternir pour ne devenir qu'une masse opaque. Et à force de rejeter leurs frustrations sur sa carapace celle-ci s'est mise à craqueler. Une fissure d'abord, comme une fente sur un verre de cristal, puis celui-ci s'agrandit pour finalement exploser le dite matériau et ainsi briser la création. Cette casse n'est guère encore arrivée, elle n'a pas encore fait sonné le carillon et ce châtiment. Mais contrairement à cette fatalité, le point de non-retour n'a pas déjà été traversé ? Et si c'était le cas, y avait-il un remède face à cet inévitable sort ? D'ailleurs, quand cette faille dans la matière translucide s'est-elle produite ? Des années, des jours, des heures, sa naissance... Qui pourrait confirmer que la blessure de l'âme du garçon remonte à ses premiers jours. 

Leur parcourt précédent leur scolarité n'avait guère étaient identique, cependant le résultat était le même. Aboutissant sur un intriguant bien que pétrifiant brouillon, c'était à n'en point douter leurs années d'études qui les avaient transformés. Pleine d'espoir, de vie, d'espérance, Tara avait foulé le sol de cet établissement dans le simple but de satisfaire sa soif de connaissance en terme ésotérique, elle l'avait supplié de lui en mettre plein la vue. Et la sorcellerie lui avait sorti le grand jeu. Entraînée dans le cercle pervers du chantage en rapport avec l'association de son amie et aînée, elle avait pu retirer certains masques servant de visage à plusieurs personnes de confiance, qu'elle avait aussitôt dû répudier. Offrant une seconde chance à ce sadique qu'est le hasard, celui-ci avait lancé une déflagration sans nom, un soir hivernal, sur la place de Pré-Au-Lard. L'essence charognarde de la folie, elle l'avait entrecroisé. Piétinant la maigre euphorie de la gamine pour la plonger dans un bain d'Alchimie, une puissante Alchimie changeant les sentiments de soulagement en sentiments de supplicié et persécution. Elle ne s'en est jamais vraiment remise. La mort l'avait maltraité ce soir-là, elle l'avait battue jusqu'à ce qu'elle ne lâche prise. C'est sans doute à ce moment que le déclic effroyable avait eu lieu pour elle. C'est ce jour-ci que son innocence et que sa candeur s'étaient faites pourfendre sans pitié, qu'elles avaient été réduites à l'état de simples débris. 

Une dernière thématique triturait l'esprit de la jeune Américaine. Il concernait derechef le comportement pour le moins troublant du sang-pur, et surtout son aimable dialecte. Il - selon les souvenirs de la jaune -, n'a jamais été aussi polie et correcte dans son élocution. Elle avait même fini par croire qu'il avait une dent contre elle, que son nom ou sa tête figurait sur sa liste d'ennemis. Pourtant cette entrevue viendra taper du poing fermement sur la table, grondant cette idée que s'était insérée dans la caboche la demoiselle. Cette attitude, bien qu'inhabituelle, pousse Tara à s'instruire sur le tempérament du bleu, lui força la main en quelques sortes. 

Ses mains, frissonnantes sur le rebord de la tour, finiront par prouver et démontrer une certaines activités. L'une d'entre elles - la moins téméraire - se recroquevillera au chaud dans la robe frivole de la jeune fille. L'autre en revanche, celle à tribord, s'élèvera jusqu'au front de sa propriétaire. Comme un paravent, la paume protégeait les iris sensibles de la gamine des rayons du satellite voguant dans les cieux. Cet astre, bordé par ses consoeurs comme la voûte céleste, était régulièrement et partiellement espionnée par la blaireau, qui lorsque le courage était présent, exposait ses pupilles aux ruissellements étincellements de la Lune. 

Après cette gymnastique des doigts effectuée, le dos de l'héritière Windslaw se courbera, comme-ci une vieille dame venait de prendre possession de son corps. 


-Tu...

Remarquant son dérapage oratoire, Tara ravalera son mot sans le mâcher pour reformuler sa phrase.

-Vous n'avez pas peur Monsieur Skiss ? Elle tournera sa tête et son champ de vision vers lui. Parce-que moi si.

Un discours bien pompeux et banal, une citation qu'on entendait à chaque intersection de couloirs, une conclusion bien pitoyable dans la bouche d'une fille qui n'a plus à craindre de la destruction, puisque celle-ci lui a déjà tout prit.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 16 Fév 2019 - 17:15

Le jeune homme, le haut de sa robe collant son torse aux côtes saillantes sous l'effet de l'implacable vent, semblait tellement distant de cet entrechoquement d'émotions convulsant le coeur de la jeune fille, certes il s'était retourné pour regarder son interlocutrice parler, ses iris métallisés et brillant d'une fatigue certaine malgré le dénis de la faiblesse l'habitant en ce moment même se posant dans un parfait rituel dans les pupilles de son interlocutrice. Cependant aucune force n'en émanait, aucune intention manifeste. Ce geste était autrefois admis comme une règle de conduite permettant de prouver d'une bien piètre manière son ascendant et son imperturbabilité, enfin au première abord seulement, il n'étaient en vérité que les symptômes d'une terreur sourde et d'une soumission complète à un des premiers commandements qui avait façonné son corps et son empreinte gestuelle : «regarde-moi, ne détournes jamais les yeux». Regarde-moi malgré les coups, regarde-moi malgré mon propre regard qui fuyait ma difforme création, regarde-moi et vois ce que tu es vraiment pour moi, oui regarde-moi et vois-toi tel que tu es. Et dans les pupilles emplies d'indifférence ou de mépris de chacun il pouvait se voir, si les yeux étaient le reflet de l'âme il pouvait contempler sa propre insignifiance dans la pupille de tout à chacun. Mais pas aujourd'hui, aujourd'hui ne subsistait de ce geste qu'un automatisme dépourvu de sens dont il ne pouvait se défaire, ses globes oculaires dépourvus de l'habituelle tension qu'imposait leur positionnement parfait, vrillé à la limite de la paupière basse afin de ne pas paraître soumis mais refusant de plonger totalement dans ses yeux pour ne pas paraître défiant et agressif. Dans le miroir que la fillette lui tenait, il ne voyait qu'un contour flou, un homme semblant usé et fatigué, n'évoquant qu'un bref écho familier en sa personne.

Il était bien loin de la psychopathie, au contraire il se sentait plus lucide que jamais sans doute ne sera t'il pas le premier ni le dernier à penser ainsi mais il était l'alchimiste fou qui avait créé ce dernier requiem à ces traits de sa personnalité qu'il haïssait tant. Les larmes de ses souffrances assaisonnées d'une douce fringance de figue lui offraient enfin le discernement qui l'avait fui, génocidant sans discernement peur, haine et nervosité laissant un vide uniquement comblé par un calme morbide. Les quelques fragments de joies et d'espoirs nichés dans le coeur de Dorothée semblaient maintenant briller dépourvu du voile mortifère posé par ses tortionnaires habituels. Pourtant ils n'avaient en aucun cas été exhausté par sa petite création, il le savait car il était l'esprit qui avait supervisé chacune des étapes, il ne commettait jamais d'erreur lorsqu'il s'agissait de potions, ses créations n'étaient que rarement flamboyantes mais jamais n'avait on put le prendre en défaut, la rigueur avait eu le bon sens de l'habiter en toute chose et une recette dument appliquée ne pouvait mener à un échec. Chaque embranchement, chaque fois juste la plus infime quantité de réactif avait été choisi avec soins, basés sur de multiples ouvrages et des expériences en tout genre, majoritairement sur quelques malheureux animaux, des rats qui avaient perdus tout sent des réalités, d'autre qui étaient mort de bonheur, oubliant de respirer dans leurs extases. Ces avertissements avaient été suffisants et ses recherches empiriques ne laissant aucune place à la sérendipité lui avait révélé ce breuvage dont il se délectait quotidiennement. Il n'était pas sans ignorer son addiction, mais le prix que renoncer lui coûterait couvrait bien assez ce petit désagrément, même si l’addiction ne corrompait pas sa perception.

Il se souviendra éternellement de sa plus belle expérience, le défilé mauve des immortels dans la grande place de près au lard, magnifique. Voilà le seul mot qui sera venue à son esprit transcendé. Oui ils avaient été magnifiques, marchant en cadence parfaite, lançant de consort une vague de projectile rouge sur la fragile milice improvisée tandis qu'en haut sur leurs balais les dragonneaux mauves chutaient tels des mouches alors qu'ils se démenaient dans un tourbillon de vaines figures complexes dans l'espoir fou d'esquiver les multiples raids multicolores qui les foudroyaient un à un sans chance de rémission. A la délicieuse toile venait se mêler les sons, les hurlements de douleurs et le grésillement du feu prenant racines dans la ville et les multiples explosions ajoutant leur magnificence au spectacle pyrotechnique qui avait lieu, le tout sublimé par la marche cadence immortel au centre de la scène. Dans une ruelle, à découvert, Dorothée avait tout vu, et baguette à la main, dos droit, yeux perçants, il avait observé l'ensemble comme si ce carnage avait été offert en son honneur. Les narcotiques de l'âme employés lui confèrent une lucidité totale le rendant spectateur privilégié de l'assaut, pas un seul moment la peur l'avait assaillie, aucune appréhension quand le masque aveugle des immortels défilaient devant lui, les seuls désagréments rencontrés furent ceux des cadavres calcinés agressant ses narines et la chaleur vive de la fournaise faisant naître des perles de sueur sur son front. De cette vision d'horreur il ne gardera qu'une vision fantasmée entouré du doux voile de l'apathie, qui lorsqu'il se brisant le plongeait dans une lourde confusion, parfois même des crises d'angoisse, rapidement soignés par son eau de vie qui ne se trouvait que rarement loin. Alors que la jeune fille lui posait cette simple question la scène défilera de nouveau devant ses yeux, fragmentés, entourés de la chape d'invulnérabilité que son l'apathie lui procurait, dessinant un sourire peu à propos sur ses lèvres qui s'entrouvrirent pour répondre sans phare :

- parfois j'ai quelques craintes mais elles ne sont que passagères, Après tout nous n'avons pas la main sur notre avenir alors pourquoi le craindre, aucune souffrance n'adviendra de l'attaque immortel, s’ils nous tuent, ce dont je doute, ce sera sans souffrances.

Lui ne sera pas tué, il n'en avait aucun doute. Il n'était qu'un outil, dépossédé de toute affiliation. Immortel ou résistant il travaillera, offrant ses talents de potionniste où qu'il soit pour assurer sa survie, ne demandant aucun regard sur l'utilisation de celles-ci. Sa seule exigence sera la possession de l'huile qui ferait tourner la machine, une douce huile à la fringance de figue.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Jeu 21 Fév 2019 - 0:42

Nous n'avons pas la main sur notre avenir. Cette explication la fera frémir, si bien qu'aux yeux statiques du pantin ce geste était aisément apparent. Comme si un court-circuit avait craquelé le mécanisme du coeur de la fillette, qu'une impulsion malfaisante souhaitait danser avec le corps de Tara un bref instant, et que malgré les moultes menaces que ce djinn intangible lui susurrera aux creux des tympans, la Poufsouffle résistera pour venir par subir le courroux de ce refus. Un supplice pétrifiant ses résistances pour s'immiscer paisiblement dans son être charnel par les pores de sa peau glacée. Même la plus douce des soie, le plus réconfortant des apparats, le plus anthracite des vestiges vestimentaires ne pourrait protéger ses frêles membres de cet ouragans néfaste qui l'avait bousculé. À cette petite bousculade qui venait de la percuter, l'Américaine lui répondra à l'aide d'un dialecte digne d'un animal apeuré, un glapissement étouffé dans sa trachée, qui malgré les moyens mit en place pour obstruer la propagation de cette peste sonore, laissera s'échapper un bruissement pitoyable. Comme une pulsion électrique effilochant ses rideaux de chair, ses paupières tomberont lourdement sur leurs consoeurs loties en humilité et en bassesse, couvrant ainsi les cristaux boisés calquant et gravant quelques explosions ayant lieu au loin dans la sépulcre matière molletonnée.  

-J'ai froid Monsieur.

Soupirera-t-elle. Écrivant à l'encre transparente ces mots sur la partition sonore qui régissait son monde environnant, il faudra attendre peu de temps avant qu'un énième bruit ne casse cet harmonie sibyllin et cet ésotérisme nocturne joué musicalement en l'honneur de ces deux âmes. Un frottement de semelles fines et un pas digne d'être émit par une sylphide. En effet, après avoir gémit ces quelques mots, l'héritière d'Helga Poufsouffle se blottira en quelques sortes aux côtés de la statue dépourvue de libre arbitre. Le haut de son bras était minutieusement calé sur la carrure rachitique de Dorothée, et pourtant cet élan n'aura rien changé quant à la direction que prenait le champ de vision de la gamine, c'est à dire tourné vers les montagnes abruptes et le feux d'artifices couronné par les cris beuglés en coeur. Une certaine comptine galbée par une innocence enfantine pouvait être perçue de par les atrocités résonnant dans le panoramas dystopique. Les détonations créée par le chemin et la trajectoire des sortilèges s'écrasant misérablement sur les cibles humaines pouvaient être interprétées comme un mi glorieux, les effondrements des fondements matériels comme des do, et les fatalités aspirant la vie d'autrui comme un fa... Fabuleux.

Somptueux spectacle qui s'offrait aux deux mutilés de la guerre, aux deux pestiférés atteint de la rongeuse et cancéreuse épidémie des maux du monde. Chétive représentation de toutes les catastrophes que les humains pouvaient engager, elle restait tout de même une méliorative perception de l'orgueil et de la vantardise des peuples sorciers. Se battant pour un bout de pains, un bout de terrain, la soumission des ennemis et le courbement d'échine des opposants. Contrairement à l'ancien chef des Aiglons, la jeune Windslaw ne voulait point voir sa mort transfuser le regard des immortels, elle ne voulait point mourir de la main d'un partisan de Grindelwald, elle souhaitait s'infliger ce coûteux avenir, et non le subir par inadvertance. Puisqu'en occultant même le fait que sa vie n'était qu'une succession inutile de nuitées et journées passées sous le signe de la marginalisation, elle ne voulait point pâlir sous une réputation de traîtresse, il lui restait au moins cet objectif à accrocher coûte que coûte ; sa fidélité et sa loyauté à la justice. Que dirait ses parents s'ils venaient à savoir qu'elle s'était ralliée du côté de la putride patrie magique et violette ? Renieraient-ils leurs liens qu'ils polissaient avec leur unique descendante ? Rien qu'à la citation psychique de cette hypothèse, un poids pourfendeur claquera telle une massue sur le crâne de la fillette, qui aussitôt le déposera sur le buste de son aîné. Biaisant son premier maintien qui demeurait droite et digne comme celle du sang-pur, celle-ci dépérissait, elle s'anéantissait pour laisser place à une faiblesse musculaire, à une fragilité insoupçonnée qui travaillait les membres de Tara - ceux-ci étaient d'ailleurs en proie à de frénétiques tremblements -. Et, cachée sous ce rapprochement laissant peu de place à l'intimité, une certaine forme de fraternité éclorait presque. Une passion candide s'effritait de ces gestes qui, dans l'esprit d'un être pollué par un mal profond et galvanisant sa vision à l'origine biaisé des choses, y verrait un terrible engendrement et enchaînement d'actions.

Du haut du belvédère céleste, une scène presque envieuse pouvait à petit pas se griffonner, les peintres les plus aliéné pourraient payer à l'aide de centaines de richesses pour pouvoir esquisser une rapide ébauche des deux silhouettes postillonnées dans la nuit mortuaire. Bientôt, le Zenith de la mère des divinités astronomiques allait toucher à sa fin, et le carillon Lunaire allait avertir les deux peinés que l'heure du couvre-feu allait sonner. Qu'allait-elle faire ? Romperait-elle comme un petit soldat pour plier bagage et regagner sa salle commune ? Piétinerait-elle le règlement pour embrasser cette chance du destin, ou plutôt profiter de cette rencontre qui risquerait fatalement d'être la dernière ?    


-Je préfère m'arracher la vie plutôt que d'autres aient à le faire... Je ne veux pas qu'ils me soient supérieur.

En vue de cette réponse, la décision qu'avait épousé Tara penchait plutôt sur la tranche de l'interdit, elle n'allait pas bouger d'un iota. Après mure constatation, on pouvait admirer un phénomène fort intriguant et délectant. En réalité, tout les gestes, tout le discours, toutes les idylliques phrases qu'avait murmuré la cadette, tout ceci avait été indirectement influencé par les Dieux du danger. Il est plus risqué de tenter de rentrer en contact avec l'ermite plutôt que de rester en plein blizzard venteux, il est plus périlleux de gravir les règles instaurées au sein de la bâtisse enchantée, il était plus audacieux et téméraire de glisser sa tête subissant des vertiges sur un soutien physique et vivant que de la laisser lancinante et titubante. Esclave du futur aventureux, elle avait décidé d'accepter les potentielles feinte de la soirées, à savoir une fuite du bleu, un rejet, une action de sa part qu'elle n'avait guère prévue.

Maugréant ses interrogations dans sa caboche, une situation viendra se juxtaposer sur cette frise du temps, un événement qu'elle n'avait pas comme dit précédemment prémédité. Lorsque son pied à tribord s'aventurera sur le périmètre privé de l'héritier Skiss, un chavirement aura lieu, et il s'agira du flacon à cyanure hérétique qui portera en payera le prix et qui subira le châtiment. Un cliquetis caractéristique de ce genre de coupole fermée retentira, comme le gong et le début des péripéties pour la blaireau. Et contre toutes attentes, elle ne fit guère effrayée par son maladroit mouvement. Elle se penchera vers la fiasque à elixir psychotique pour la soulever et la caresser de ses pupilles lagons.


-Vous volez le jus de citrouille en Grande Salle, Monsieur Skiss ?

Accompagnant cette intonation, un rictus fleurira sur la courbe de ses lèvres noyées sous le prisme chimérique que reflétait la voûte lunaire. Ses doigts ficelaient sur le soupirail que modelait la fiole protégeant la liqueur que chérissait la marionnette. Mais excepté cela, aucun ballottement ne s'égarera sur la carrure frêle de la jaune.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Jeu 21 Fév 2019 - 12:11

Le jeune homme observera avec attention les effets des rares mots qu’il eut pu prononcer, perçant le silence qui régnait entre eu pour laisser place à une mélopée aussi sobre et fataliste que celle qui animait ses vecteurs lorsque venait l’heure d’animer les cordes de ses instruments. Le seul espoir qui semblait poindre était celui de l’absence de souffrance, réduisant la mort à une anesthésie complète donc on ne pouvait se réveiller. Pourtant partout fleurissait sur la peau si pale de la jeune fille de légers boutons accompagnés d’un velour blond se hérissant au gré des nocifs constats qui agressaient la jeune fille. Pourtant même le souffle glacial d’Eol n’avait suffit à faire naître une si profonde réactance au sein même de l’organisme de la jeune fille qui déployait dorénavant ses infimes ressources pour tenter d’alerter la psychée de tara qui lentement sombrait dans le désespoir. Malgré ce vint effort la Windslaw accueillera à bras ouvert cette mélancolie destructrice, enlaçant le squelettique être qui lui avait murmuré ses obscures pensées qui lentement la corrompait.

Les yeux cernés de noirs de l’avatar du renoncement se posèrent avec circonspection sur la jeune femme qui chutait sur lui après quelques balbutiements qui ne venaient qu’expliciter ce que son être lui hurlait. Il restera un moment interdit alors que la chaleur de la petite tête blonde irradiait lentement le torse du jeune homme, un rayon de soleil réchauffant son cœur gelé.

Pourtant elle avait froid, rien d’étonnant au vu du vent glacial et de la macabre symphonie des explosions qui parvenait par à-coup à leurs oreilles, martelant avec force leur esprit et mutilant leur espoir à chaque réitération de ce glas, chaque hurlement semblant avancer le décompte qui prendra fin à leur destruction imminente. Mais la carapace de Dorothée était inébranlable, et la morbide intention qui régissait chacun de ces hurlements se dissolvait à son contact, ne laissant plus qu’une explosion porteuse d’informations qui à défaut d’être réjouissantes se trouvaient dépourvues de tout le poison qu’elle contenait. Seul subsistait l’imperturbable flot de la cour de la guerre dont le résultat apparaissait comme un immense delta dont tous les cours ne faisaient que se jeter dans la même mer, éclairant la vacuité de cette séparation. Ce spectacle l’effleurait à peine devant l’imposante présence de la menue jeune fille qui s’accaparait toute son attention, faisant l’étal son innocence corrompue par les affres de la guerre auprès de tous les sens de Dorothée. Ce corps qui tentait auparavant de conserver une illusion de force ramollissait, semblait lentement s’effondrer abandonnant sa propre ossature pour lentement tenter de se libérer de son libre arbitre à son tour, remettant entre les mains de celui qui ne possédait plus rien une responsabilité nouvelle.

Ce brutal tournant il ne l’avait en aucun cas espéré et son esprit matraqué lui hurlait de rejeter cette opportunité, quelqu’un de condamné à ne jamais posséder ne pouvait que craindre ce cadeau qui le lui était offert. Pourtant lentement un désir nouveau naissait, issus de la détresse autant physique que psychologique de l’entité nichée contre lui. Réminiscence d’une flamme passée, le spectre aux boucles d’or revenait le hanter de sa pâleur bienveillante, lui promettant des sensations nouvelles auxquelles il s’interdisait d’accéder. Guidé par une volonté enfuie au plus profond de lui, un bras du pantin se lèvera sans même que le pervers marionnettiste ne puisse luter contre ce spasme, venant se renfermer sur l’épaule de la jeune fille alors qu’un pouce viendra effleurer sa joue brulante jusqu’à atteindra son oreille, de frôler son lobe et de se perdre dans l’épaisse toison or. Elle était bien là, et palpitante de vie malgré les affres de la guerre et la terreur qui l’habitait… et il ne savait pas ce qu’il devait en faire. Le voile subsistait mais tendait à lentement se déchirer sous les effets conjugués du désir et de la peur qu’elle brimait, tirant l’un sur l’autre pour lentement le distordre et laisser éclater cette part qui devait rester enfermée. Entre les mailles distendues du filets les premiers doutes affluaient, encore trop affaiblies ils ne faisaient qu’effleurer le jeune homme, mais ses caresses lui faisaient l’effet de pressions insistantes en contraste avec l’apaisement qu’il aurait dû ressentir. En contraste avec la prose calme et morbide qui avait émanée des lèvres de Dorothée, ce fut des mots entrecoupés de quelques hésitations qui naquirent de ses lèvres quand il reprit la parole.

- Vous… tu ne devrais pas… Quoi que tu choisisses la finalité reste la même, seuls les chemins différents, et si tu décides de te suicider combien de personnes tristes laisseras tu derrière toi ? Alors que d’autres chemins pourraient leur épargner cette peine ?

Lui faire miroiter un espoir illusoire serait le comble de l’hypocrisie venant de lui qui avançait sans lumière, uniquement alimenté par des dogmes à l’instar de l’animal obéissant à son instinct. La mort était une solution convenable, si elle ne s’opposait pas au profond instinct de survie enraciné dans le cœur de chaque être vivant. Lui avait raté sa chance et avait assimilé cette résignation, l’incorporant à son quotidien supprimant l’essence même qui aurait pu être motrice d’un suicide. Ce n’était pas le cas de la jeune fille soudainement balayée par cette prise de conscience, égoïstement il voulait la préserver, uniquement pour lui, pour cette chaleur nouvelle qu’il ressentait. Pourtant, peut être aurait-il mieux valut qu’elle perde maintenant la vie et au fur et à mesure que les doutes s’insinuaient lentement cette possibilité gonflait, gagnant en importance.

Brisant l’inertie de la scène, un bruit métallique percera les grondements du vent. L’origine lui fut dévoilée alors que Tara se dérobait, se penchant pour saisir une flasque de fer qu’elle présentera à ses yeux. Un léger sourire animera alors ses lèvres qui prononcèrent ces quelques mots en réponse au trait d’esprit de la jeune femme :

- Non, il s’agit seulement d’un médicament, j’ai dû l’oublier.

Un médicament qui le soignait par la catharsis, autant qu’il l’empoisonnait, et que la fille du nouveau monde semblait s’ingénier à briser. Lentement, la fine main de Dorothée s’approchera de la fiole pour saisir celle de tara, glaçant momentanément son index lorsque la lourde chevalière entrera en contact avec la peau opaline. Puis, non moins fermement, il retirera lentement la fiole des mains de Tara, se rendant seul maître de son précieux trésor.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Ven 22 Fév 2019 - 2:41

Quelle était l'origine de cet étrange miroitement prenant progressivement possession des prunelles incendiées par l'opale tranche régnant dans les cieux de Tara ? Polissant ce doux espoir lancinant masquant le temps de quelques secondes les affres souillant le regard candide de la blaireau, son champ visuel flétrira les traits du minois de Dorothée, et ce malgré la pestilence pénombre infestant ses excroissances d'origine naturelles. L'anneau revêtit et enfilé au doigt du sang-pur, ainsi que sa caresse auront un effet presque indésirable. Comme la lame incisive traçant sa courbe sur sa joue mordue par une chaleur tropicale, elle viendra graver une éternelle entaille dans sa chair rosée. Pourtant, ses membres n'osaient guère lui obéir, et la demoiselle restait entravée et piégée sur place, subissant les milles sévices du gèle qui par erreur et inadvertance s'était infiltré dans la peau cadavéreuse de la marionnette. Pétrifiée et coincée par son impuissance, les pupilles du garçon ne pouvaient s'exiler jusqu'au visage de la fillette qui fût comme possédé par une transe lente et douloureuse. En effet, les rideaux bleuâtres et constitués de chair de la gamine protégeant ses joyaux forestiers et végétaux d'une secousse venteuse et d'une agression d'une divinité contrôlant l'air papillonnaient de manière inquiétante. Poussées à bout par une force épileptique obscure, ses paupières tentaient en vain de retenir un flot non exhaustif de consolation humide. Son minois, aussi pure soit-il, fût violemment souillé par une immondice que le monde lui offrait à coeur joie. Une perle translucide d'abord, puis une deuxième suivra sa soeur, pour finir par une cavale et fratries de chagrin. Larmoyant ses peines, la petite sorcière se livrera à la terrible torture qu'était le relâchement émotionnel. Ses joues, précédemment gagnée par les doigts de l'ancien chef des Aiglons, se feront happer sans aucune forme de pitié par sa tristesse et sa lamentation. Et même sous le poids de ces complaintes, pas un son ne s'évaporait de ses lèvres, comme dissolue dans l'air à son simple contact, sa voix mourait lentement dans le vide sonore blême et livide. Presque un stigmate de l'âme, son corps onirique ne répondait plus à ses prières et ainsi, peu à peu, elle s'abandonnait aux mains d'un emblème de sadisme - d'où ses pleurs - humanisé et inconnu à ses yeux.

On pourrait à juste titre se demander quel était le point culminant et surtout l'origine de cette flegme corporelle qui semblait à en croire les manifestations de Tara involontaire. Quel était le point d'orgue et qui manipulait ses sens progressivement et en catimini ? Bien sûr comme à chaque hypothèse il fallait se replonger inexorablement dans le monde de la philosophie et des perceptions inconnues au courant imaginatif. Seule réponse à cet acte presque sibyllin, une farandole d'idées viendront appuyer cet événement, et la plus plausible bien que celle-ci dégoulinait et fanait dans l'univers béant du surréalisme. Comme le Yin et le Yang, le noir et le blanc, la neige et la lave, la journée et la nuit, le malheur et le bonheur, la vie et la mort, la naissance et l'extinction de l'âme, l'éternel retour et le renouveau, les deux éléments hétérogènes se sont rencontrés malencontreusement sans en avoir les moyens et surtout l'autorisation. Il bravent l'interdit, ils défient la fatalité du regard en émoussant leurs approches, en les rendant naturelles sans que les détracteurs et l'ordre intangible n'aient leur mot à dire. Arrachant quelques sourires et rictus fiers voir moqueurs, les deux protagonistes irritent le maître du temps et du bon déroulement des événements. Cassant ce cycle qui ne pouvait en temps normal ne pas être brisé, ils provoquent ces effets indésirables, qui sème le vent récolte la tempête, et les deux imprudents l'ont apprit à leurs dépends.

Karma et retournement de situation, les miasmes infectes et miséricordieux qu'émanait et transpirait le garçon s'imprégnaient lentement mais surement, dans l'ombre et cachés de tout les regards qui ne délivrait pas une approbation folle à leurs égards, de la stature de l'héritière d'Helga Poufsouffle. Voilà sans doute les sources et causes des retombées sismiques qui avaient magnifiquement influencé la chute progressive de la cadette sur son aîné. Son énergie étaient tout simplement convoité par l'avide panse ésotérique de l'héritier Skiss. Comme une fragile et jeune pousse cachée sous les décombres floraux, elle s'éteignait à petit feu. Charcutée par une marmoréenne peste hivernale, seule la carrure semblable à une tour de carte - tant à cause de sa fragilité que de sa rigidité - de l'ancien Serdaigle lui permettait de supporter la puissante gravité. Sans lui elle croulerait, mais sans sa présence elle s'imprégnerait moins de sa scabreuses vision du monde. C'était un dilemme à double tranchant, et en dérivant sur ce cas on pourrait se dire que cette rencontre régit sous les dès du hasard fût moins bénéfique pour la jaune que si celle-ci ne l'avait pas croisé, mais comme l'avait exigé le marionnettiste et metteur en scène, il était trop tard pour faire marche arrière et rembobiner le fil cousant la toile du destin. Si elle se détachait de sa présence qui sait qu'elle affreux dérapage son cerveau et sa folie pourrait lui instaurer d'exécuter sur le champ, sans échappatoire.   


-Être libre, ne plus être enchaînée et prisonnière de ce corps imparfait, entourée de ces atrocités soumettant le monde et la pureté subsistant encore faiblement. C'est mon rêve. Savez-vous Monsieur Skiss, qu'à plusieurs reprises j'ai tenté d'atteindre cet idéal ?

Ses sanglots, si intemporels soient-ils, finiront par s'étouffer sous leurs propres poids, avant qu'une énième interpellation cristalline ne tue le silence mordant les lieux à pleine bouche.

-Sans y parvenir... En réalité... C'est parce-que je suis trop lâche pour mettre fin à tout ça, je suis trop lâche et sotte pour abandonner ma famille ici. Je l'ai toujours été, trop humble et généreuse, alors maintenant lorsque j'essaie de faire quelque chose pour moi, peu importe sa nature j'échoue.

Plus que sa pensée, la jeune Windslaw révélait toutes les fêlures qui lui passait par la tête, toutes les abrutissantes et mielleuses visions qui se superposaient à l'intérieur de son crâne, et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ses dîtes phrases furent prononcées avec un aplomb rare, sans qu'une once de larme ne revienne perturber ce moment officieux. Parcimonieuses songes qui s'attardaient simplement sur sa petite personne, elle était devenue... Lui. Une inversion des pôles, une alchimie pourfendant les frontières du réel, à force d'écumer les récalcitrantes paroles de l'ancien préfet, elle les avait assimilé et prise pour argent comptant. Le maître des lieux, de leur futur, avait sans doute trouvé cela comique et tordant d'effilocher les rôles pour les inverser. S'habillant de l'apparat qu'avait porté précédemment son homologue, Skiss endossait dorénavant le douloureux titre de réconfortant, et Tara de l'endeuillée. Sa tignasse blés fourmillant sur son visage peiné, celle-ci fouettait avec hargne ses joues, comme pour la réveiller de sa mélancolie, et la ramener à la dure réalité ; sa main jugée comme une vulgaire brigande et privée de sa trouvaille.

Le poison liquide tenu dans le coeur de Dorothée lui sera facilement arraché des mains, puisque celles-ci ne demeuraient point serrées, elles laissaient un certain leste pour prévoir ce genre de réticence et d'envie soudaine de reconquête de trésor de la part de son légitime propriétaire. Comme Dionysos l'était avec le vin, Skiss était obnubilé par sa liqueur aux relents de palliatifs, mais pourtant la sang-mêlée ne soulignera pas cet relation qu'entretenait l'ancien Serdaigle avec son opium. Elle lui répondra simplement sous couvert de contentement qui malgré les nauséabonds sujets dépressifs traités ce soir-là brillait encore :  


-Un médicament ? Désolé, j'ignorais que vous étiez malade Monsieur. Ce n'est pas trop grave ?
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Ven 22 Fév 2019 - 11:32

Alors que sa main s’était retrouvée prise au piège des longues boucles de sa victime, Dorothée sentira un liquide froid pénétrer sa robe grisonnante, d’abord goute par goute, le débordement devint bien vite torrent alors qu’un ruisseau argenté s’écoulera le long des joues opalines de celle dont il avait sans vergogne aspiré la vie. Telle une jouvencelle devant un vampire, son sombre magnétisme l’avait attirée, et elle s’était offerte de plein gré à son étreinte sans songer à la terrible rétribution que l’être exigerait d’elle. Sa joie l’avait quittée et ses défenses s’étaient effondrées, seule restait le désespoir et la sombre énergie qui émanait de son bourreau, s’insinuant dans sa psychée et en ternissant son éclat. Mais l’entité n’avait jamais souhaitée une telle chose et encore une fois l’éclat du catalyseur qui aurait put tant lui offrir fuyait son réceptacle. Telle était la malédiction de cet être, condamné à la solitude et à perdre tout ceux qui l’approchaient, les condamnant à un tourment donc l’intensité n’avait d’égale que son attachement et la soif insatiable qui l’habitait. Cette soif qu’il canalisait par milles et un artifices et qui pourtant finissait inlassablement par ressurgir balayant violemment les résidus du lourd substitue chimique qui saturait son esprit. Il avait pourtant cru que cette catharsis comblerait ce besoin primaire de reconnaissance, le priverait des aspirations dont il était condamné à ne jamais atteindre, qu’il ne pouvait mériter. Désemparé il murmura dans un dernier effort pour se lier au monde physique : "Pour...pourquoi ?"

Le corps du spectre ne put même résister à la déferlante et la fiole lui échappera de ses mains, frappant le sol dans un claquement métallique alors que la frêle carcasse fut prise d’une convulsion anormale, de celle d’un vers sur lequel l’on venait de déverser un saut d’eau glacé. Les fins doigts se dirigeront sans aucune douceur vers son visage qui s’était décomposé à une vitesse alarmante, le striant de milles et une crevasses alors que tous les malheurs de la terre semblaient s’attaquer à chaque parcelle de son si élégamment entretenus minois. Quel âge semblait-il maintenant avoir alors que ses jambes se dérobèrent pour le laisser s’écrouler à son tour, suivant le tragique destin de son soutient, la grille en acier mordant sa si précieuse robe et sa tête heurtant la barrière qui garantissait sa survie, physique seulement néanmoins. Incapable de contrôler ce flot de sentiment, l’accoutumance ayant réduit à néant la capacité de son cortex à maîtriser en toute indépendance ces pourtant si naturelle composantes de chaque homme, il n’était en ce moment plus qu’une bouteille en pleine mer, ballottée par les éléments, n’espérant qu’une chose, enfin s’échouer pour que le chaos ambiant cesse. Agité de quelques tremblements, la tête se nichant dans ses genoux dans un geste puérile, Dorothée attendait seulement, imperméable aux tourments du monde physique alors que sa psyché se faisait lacérer. Le remord glaçant, la haine de ce qu’il était le consumant et la solitude le transperçant, il n’était plus rien pendant ces quelques minutes s’étirant en une éternité que sa perception se trouvait incapable d’appréhender, offrant un pitoyable spectacle aux yeux de celle qu’il avait si sauvagement vampirisé et dont les derniers rayons de lumières de ce soleil déchus le consumait dans une bien cruelle rétribution pour la nature même de son être.
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Re: La tour d'astronomie

Message par Tara Windslaw le Sam 23 Fév 2019 - 1:58

S'agissait-il de Chronos, maître des ères, qui venait de prendre possession des partielles temporelles soumettant ces pauvres mortels à la dure réalité, ou bien s'agissait-il d'un énième et dernier vent de folie et psychose qui gagnait lentement mes surement les graines de raisons encore dans la caboche de la petite ? Rien n'est trop sûr. Pourtant, avec l'avancée des événements et la continuité de ceux-ci tout portait à croire qu'il s'agissait bel et bien d'un être pourvu de malfaisants desseins et projets qu'il allait infligé à ses suppliciers, à ses cobayes avec qui il jouait candidement depuis plusieurs heures déjà, avec qui il souhaitait constituer une pièce de théâtre portée sur un thème bien rhétorique et précis ; la tragédie. Est-ce là une adaptation fantaisiste de Roméo et Juliette ? Une réécriture d'un compte qu'on lit à des enfants pour les punir de leur insolente imagination ? Est-ce là le seul échappatoire que pouvait prendre cette soirée, voir même ces deux vies ? Il semblerait que oui. Peut-être que sur le livre traçant et écrivant la destinée de Tara, l'écrivain du Destin avait gravé à l'encre rouge ce fatal et glaçant mot qui n'apparaît que lors de comédie macabre. Ce adage oral ressemblant plutôt à une syllabe, ce terme qu'on ne peu prononcer sur le ton de la plaisanterie, au risque d'autre prit pour un abruti. Cette sentence qui sonne comme le glas, comme une ignoble trahison émise par le futur, soufflée par la vie comme une vulgaire insulte et un piteux jurons. Ce dialecte qui à l'aide d'une seule lettre peu changer la signification du vocable mot. Répétitif le plus souvent dans son intonation, sombre dans sa signification, pourfendeur dans son effet, l'entende de ce jargon était semblable à une malédiction, à une punition divine qu'on ne peut accepter psychologiquement si l'on est sain d'esprit, mais au contraire où de rares élus arrivent à l'accepter à l'épouser sans remord, ne faisant plus qu'un avec leur châtiment immoral. Dorothée et Tara, feront-ils partis des exceptions ? Partiront-ils vers de nouveaux horizons pour accepter la torture que leur inflige le marionnettiste ? Pour clôturer cette histoire et tourner la page afin d'illuminer l'immaculé blanc d'un simple Fin. Flétriront-ils sous le poids de leurs responsabilités et de leur folie dévastatrice ? Se laisseront-ils gagner par la pourfendeuse aliénation pour calmer et panser leurs plaies oniriques ? Cesseront-ils... D'espérer ?

La mélodie régnant précédemment dans le coeur de la jaune et lui provoquant diverses impulsions mécaniques pour lui sommer d'avancer venait tout juste de disfonctionner, de se briser pour venir ouvrir la porte à toutes les plus atroces enflures et effluves maléfiques. Alors, après cet attentat orchestré contre sa raison qui avait sauvagement été saccagé, le maître des deux pantins s'était penchée sur le cas de la petite, contemplait une dernière fois avec sadisme cette once de vie et de maintien de soi, pour venir calculer et débattre sur sa fin. Sa fatalité...


-Je...

La question du sang-pur restera malheureusement sans réponse, la bête prenant possession du corps de la blaireau n'avait point envie de la lui fournir. Cependant, prit d'une générosité morbide et mortuaire, il avait eu la brillante idée de combler le désir qui sommeillait au fond de la carcasse cadavérique qu'était l'héritier Skiss. S'accroupissant pour finir par crouler à genoux devant le pitoyable corps de l'ancien Serdaigle qui demeurait recroquevillé. S'avançant jusqu'à lui sans prendre le temps de se redresser dignement, la petite blaireau approchera ses lèvres de l'oreille de l'ancien Aiglons. Elle lui intimera une phrase presque aussi légère qu'une brise marine :

-Monsieur Skiss, voulez-vous mourir avec moi ?
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Re: La tour d'astronomie

Message par Dorothée Skiss le Sam 23 Fév 2019 - 9:51

La tête perdue entre ses mains, l’orage se calmait à peine, ce tourbillon de sensations nouvelles l’assaillant sans lui laisser la moindre chance de riposter. Dans un vint espoir de les éloigner les larmes coulaient sur les joues de Dorothée, mais ce filtre était d’une vacuité flagrante et seul le sel accompagnera l’eau saumâtre s’écoulant le long des pommettes blanchâtres du jeune homme. Asphyxié, sa respiration était irrégulière comme si il menaçait à tout moment de s’étrangler dans ses propres tourments, son corps agité de quelques vint tremblements venant ajouté le pathétique approprié à la silhouette décharnée qui se tenait recroquevillé si proche du vide, ce gouffre l’appelait de tout son âme, mais pourtant autre chose le retenait, la peur sûrement, ça avait toujours été la peur. Quel beau chien de berger était ce, menant le mouton qu’il était par mont et par veau, l’empêchant de tomber dans les multiples falaises jonchant la vie au milieu de toute cette brume… pour mieux l’amener à l’abattoir quand il aura atteint sa maturité. Il… Il… Il fallait la faire taire, et avec elle le reste de ces chaotiques tourments. A l’aveugle une main avide viendra tâtonner, cherchant vainement la flasque qui avait roulée bien loin, le laissant en compagnie de l’ingénue.

Putain il se détestait, pourquoi faisait il ça devant elle, elle avait besoin de réconfort ? pourquoi avait il peur de tout ? Pourquoi n’existait il pas ? Pourquoi était il si pathétique ? Pourquoi n’arrivait il pas à voir claire et pourquoi cette chappe de détresse ne cessait elle pas ? Il sentit doucement se joindre au vent une sensation toute particulière, quelques brins venant effleurer sa ses jambes, puis vint l’insidieuse et perverse proposition, susurré tel une déclaration d’amour, sans calcul et avec naturel, une proposition qui cambra son corps tant il la rejetait. Ses bras se tendirent jusqu’à repousser la sirène, alors qu’il criera dans un croissement étranglé :

- Je ne veux pas que tu meurs, arrêtes ça ! Arrête de dire des choses comme ça !

Il ne pourrait pas supporter d’entendre cette proposition une fois encore, ce cruel écho de ses pêchers, voilà tout ce qu’il avait fait, plonger ce radieux soleil dans une nébuleuse de tourment. Il ne valait rien, rien, c’était lui seul qui devait mourir si quelqu’un devait mourir, pas quelqu’un d’autres, il n’avait pas droit d’exiger qu’on l’accompagne pour combler sa lâcheté. Ses nouvelles pensées venaient rejoindre les autres, tourbillonnant et continuant de le lacérer, éparpillant son être. Sa tête s’était légèrement relevé alors qu’en semis apnée il inspirait profondément, tentant d’arranger ce chaos en une construction viable pour son intellect. Mais il n’était plus qu’un Architecte sans outils, un ouvrier manchot, il ne savait pas comment faire, il avait oublié, lentement quelques brides de savoir lui revenaient, permettant d’enfuir quelques rares pensées, trop rares, et surtout trop lentement, et la transe destructrice subsistait envers et contre tout.
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