Le manoir Skiss

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Message par Dorothée Skiss le Lun 15 Avr 2019 - 9:40

Dans la campagne Brittanique, le manoir Skiss trônait encore et toujours, intact malgré les âges. La haie de rose commençait lentement à reprendre vie sous les soins intentionnés du jardinier et les premiers rayons de soleils qui perçait la grisaille maussade du printemps Anglais, cependant peu seront les personnes qui auront l’occasion de profiter de la beauté de cet aménagement. Le manoir n’était plus un lieu où des membres de la petite aristocratie pouvait se retrouver sous on ne savait quel futile prétexte afin de refaire le monde, former des alliances ridicules dans le paysage politique et se bercer d’illusions quant au glorieux futur de leur dynastie. Les lieux étaient maintenant calmes et silencieux.

Pourtant aux yeux de Dorothée une aura sinistre mêlée à une attraction malsaine continuait d’y résider, résidus malsains de son incapacité à se détacher totalement de son passé. Pourtant bien des motifs de haïr cet endroit comme d’y rester s’étaient envolé avec le temps. La guerre avait fait son office, son père avait rejoint le tréfond des enfers accompagnés de certains membres de sa famille, le lançant seul maître. Maître des lieux, maître de son destin, aîné de la branche principale de la famille Skiss, il était tout ça à la fois et pourtant sa prise d’indépendance était affreusement lente, une longue rééducation conduite par un patient trop prudent, n’osant pas un geste brusque, progressant à pas de souris sur le chemin de l’émancipation.

Il vivait encore avec sa mère, elle s’était faite vieille femme, ayant du mal à marcher et même à parler, des années de convalescence forcée avait écrasé son corps qui avait finit par céder devant le simulacre. La maladie auparavant simulée cannibalisait maintenant ses muscles, quelques dizaines de minutes de marche et la femme ne tenait plus debout. Pourtant l’aîné Skiss avait tout fait, il avait levé sa convalescence, lutté tant bien que mal pour redonner à cette femme brisée un tant soit peu de confiance au grossier pantin qu’il était, mais qu’était quelques années devant des décennies d’oppression ? Maintenant qu’il avait enfin un simulacre de mère, assis dans son fauteuil il soupira alors que ses doigts iront chercher un verre de whisky.

Il détestait quand son père buvait, pourtant malgré toute sa répulsion il ne pouvait que reconnaître les bien fait du liquide qui brûlait maintenant son œsophage. Abandonner un poison pour plonger dans un deuxième, voilà une belle résolution qu’il avait prise, pensait-il alors qu’un soupire amère apparut en un éclair sur ses fines lèvres, presque féminines. Au moins avait-il réussi à vivre sans la mortifère sensation de plénitude constante que pouvait provoquer sa potion, il lui arrivait parfois dans un moment de faiblesse, ou simplement à but récréatif d’en boire une gorgée, chacune porteur de promesses tentantes et d’un repos inégalable. Enfin il ne se faisait pas d’illusion, un drogué, occasionnel ou non, restait un drogué. Mais qui ira le lui reprocher ? Il était plus agréable, plus souriant, plus avenant quand venait l’heure de ses petites escapades, et les redescentes il les faisait seuls, dans la forêt fleurie de son domaine ou enfermé dans sa bibliothèque, loin des regards indiscrets des rares personnes résidant dans ce manoir. Et puis qu’est-ce que des serviteurs pourraient trouver à redire ?

Ses serviteurs et ses habitudes devaient bien être les seuls évènements qui rythmait sa nouvelle vie. Cloche qui sonnait, midi, repas préparé délicatement par le cuisinier, servit par un majordome au service de sa famille depuis bien longtemps. 20 heures deuxième cloche, deuxième repas, servit par les mêmes personnes, le reste de son temps libre était utilisé pour fleureter avec les épais volumes que lui offraient la bibliothèque, tenter d’accompagner sa mère dans la maladie et errer dans le jardin qu’il avait mis un point d’honneur à personnaliser selon ses envie, peut être un des seuls éléments qu’il avait osé changer de place, le rendant plus lumineux, plus accueillant et chaleureux, au plus grand bonheur de ses yeux qui s’émerveillait de la multitude de couleur qui lentement naissait en ses printemps et du jardinier content de pouvoir enfin donner une seconde jeunesse à la disposition si archaïque des massifs fleuries qui parsemaient ces lieux. L’intérieur quant à lui n’avait rien n’avait changé en rien si ce n’était les volumes qui proliféraient dans les étagèrent qui parsemaient maintenant chacun des étages, et le bureau de feu Henry qui maintenant s’était vu doté de nouveaux instruments afin de compléter ses études de néophyte sur les runes, une passion qu’il avait finalement décidé d’embrasser ces derniers mois et dont il réapprivoisait toutes les bases avant de peut être réellement vraiment découvrir ce qu’elles avaient à lui offrir.

Parfois quelques évènements venaient troubler sa quiétude, visites familiales déplaisantes, viles flagorneurs, percepteurs, tous avaient été accueillie avec le savoir vivre qu’il avait cultivé pendant des années, puis raccompagné en tant voulu. Aucune proposition de mariage n’avait été accepté, aucune cession à sa famille si ce n’est des sommes d’argent dérisoires pour les personnes les plus dans le besoin, de quoi les repousses pour quelques temps, alors que Dorothée continuait à vivre sur les réserves familiales, profitant du patrimoine familial qui lui avait été légué. Ses quelques escapades au chemin de traverses étaient bien plus pour le plaisir de s’acheter quelques commodités que réellement voir de nouvelles personnes ou croiser par « chance » une personne bien placée, c’était une vie solitaire, proche de celle d’un vieillard que le jeune homme menait. Pourtant il n’oubliait pas de prendre soin de lui, il mangeait peu, il s’habillait avec goût, se maquillait comme il fallait, par amour propre ou par habitude peu importait il restait en apparence le mannequin qu’il avait toujours été, parfait pour tout inconnu pouvant le croiser au détour d’une rue. Ses manières étaient toujours aussi affutées lui permettant de faire illusion avec une efficacité rare.

Cette maîtrise apparente était peut-être ce qui l’avait sauvé jusque-là. Pourtant le voile commençait à se dissiper et des regards avides commençait à se poser sur ses possessions, il devrait un jour faire de nouveau ses preuves, pénétrer le nouveau ministère encore riche en intrigues au moins pour signifier son existence et garder ce dont il avait hérité. Il avait encore du temps pour réfléchir à ce qu’il voulait faire et un jour il sera obligé de retourner parmi les AUTRES, une perspective peu agréable mais qui s’imposait d’elle-même si il voulait sécuriser les privilèges auxquels il était tant attaché. Du fond de son fauteuil il soupira profondément, glissant un épais volume dans le rayon de sa bibliothèque avant de se diriger vers son secrétaire, d’en sortir un livre de compte.
Dorothée Skiss

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